Euphorie? A lire la 14e étude du cabinet PWC présentée mardi soir à la veille de la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, la crise est terminée, confortant les résultats de l’an passé. Près de la moitié des 1201 dirigeants de multinationales de 69 pays interrogés se déclare «très optimiste» pour l’année à venir, une proportion (48%) qui rejoint le pic de 2007 (52%) quelques mois avant l’éclatement de la bulle des subprime. PWC se dit «surpris» par ce sentiment alors que de grandes incertitudes caractérisent l’économie mondiale, à commencer par l’endettement des grands pays développés.

Cet optimisme vient des espoirs placés dans les économies émergentes. Il y a six ans, le même sondage de PWC mettait en exergue les BRIC. Cette année, la Chine écrase les autres. Si le Brésil et l’Inde reste dans le champ des grands patrons, la Russie n’est pratiquement plus mentionnée.

La Russie sera pourtant présente dans la station grisonne. Malgré l’attentat de lundi à l’aéroport de Moscou, le président Medvedev y prononcera le discours inaugural ce mercredi en fin d’après-midi, a fait savoir hier le WEF. Sa rencontre avec Micheline Calmy-Rey, prévue hier soir, a en revanche été annulée.

Pendant la réunion qui dure jusqu’à dimanche, la Chine va faire parler d’elle. Jeudi, son ministre du Commerce participera à un débat sur le rôle de son économie dans la croissance mondiale. Vendredi, il lancera officiellement les négociations pour un accord de libre-échange avec la Suisse.

L’Inde aussi veut faire son show. Mardi, elle s’est offerte une pleine page dans le Financial Times pour annoncer sa présence dans la station grisonne, des conférences à la soirée de clôture organisée par ses soins dans le nouveau centre des congrès. Agrandi pour 37,8 millions de francs, il peut désormais accueillir 5000 personnes, contre 3000 précédemment.

Ce mercredi sera cependant peut-être l’occasion de tempérer l’enthousiasme envers les pays émergents. Nouriel Roubini, qui y dénonce une bulle, participera à une des premières conférences. L’économiste aussi surnommé Dr Doom avait annoncé la crise de subprime.

A noter encore parmi les séances, la numéro 244 vendredi, pendant laquelle Timothy Geithner, le secrétaire d’Etat au Trésor, parlera des perspectives pour l’économie américaine.

Mardi, Berne a communiqué le programme des conseillers fédéraux présents à Davos. Le ministre de l’économie Johann Schneider-Ammann rencontrera ses homologues français Christine Lagarde, allemand Rainer Brüderle et russe Elvira Nabiullina, et aussi le ministre autrichien des finances, Josef Pröll. Samedi, il accueillera, comme c’est souvent le cas, une réunion informelle avec quelque 25 ministres sur les chances de clore cette année le cycle de Doha de négociations commerciales. A ce sujet, les dirigeants interrogés par PWC déclarent moins craindre une montée du protectionnisme cette année qu’en 2010.

Micheline Calmy-Rey, Doris Leuthard et Eveline Widmer-Schlumpf feront également le déplacement. De son côté, le ministre de la défense Ueli Maurer rendra visite à ses troupes, fortes de quelque 4000 militaires.