La crise financière qui ébranle les Etats-Unis et l'Europe met également les pays émergents sur le qui-vive. De la Russie au Brésil, en passant par l'Inde, la Chine, l'Egypte et l'Arabie saoudite, les places financières sont été brutalement chahutées en ce début de semaine. Face à la contagion, les gouvernements multiplient les mesures d'urgence.

La Russie paie le plus lourd tribut. Le président Dmitri Medvedev a pris la mesure des risques et a annoncé mardi une rallonge de 36 milliards de dollars pour renflouer les banques. Au total, Moscou a déboursé 190 milliards de dollars pour garantir la liquidité dans le circuit financier. La bourse russe avait chuté de 19% lundi et est restée dans le rouge hier.

Le président russe à Evian

Ce sont les compagnies pétrolières russes qui ont souffert le plus à la bourse. L'industrie subit non seulement la chute des prix du pétrole sur le marché mondial, mais également de manque d'investissements. A ce propos, le président Medvedev se montre désormais ouvert aux capitaux étrangers. Il espère mener le dialogue avec les acteurs internationaux dans le cadre de la World Policy Conference qui s'ouvre ce mercredi à Evian.

Un vent de pessimisme commence à souffler en Inde. Après la journée noire à la bourse de Bombay lundi, la banque centrale s'est empressée de baisser le taux de réserves obligatoires pour les banques commerciales. Quoique en contradiction avec sa politique de lutte contre l'inflation (12% en août), cette mesure doit remettre aux mains des banques une quantité importante de liquidités, de quoi leur permettre de détendre les conditions de prêts.

Au Brésil, le président Lula a signé lundi un décret provisoire pour permettre de renflouer les banques. L'objectif est le même: assurer la liquidité dans le circuit financier.

Pas d'exception pour les bourses chinoises. Mais malgré le glissement lundi et mardi, les autorités gardent un certain optimisme. Le Quotidien du peuple, organe gouvernemental, estime que «l'agitation financière globalisée qui est en train de toucher le monde aura un impact limité sur les banques chinoises». Dans son édition de mardi, le journal cite la Banque mondiale selon qui «les banques chinoises seraient moins impliquées dans les transactions financières aux Etats-Unis».

Ralentissement

Dans les pays du Golfe où les industries pétrolière et bancaire représentent les poids lourds de l'économie, les bourses ont connu deux journées noires lundi et mardi. Le marché saoudien a cédé 7% à la clôture hier. En Egypte, la baisse a été de 16,47%.

Pour l'heure, les chutes boursières dans les pays émergents ne freinent pas totalement leur croissance. Pour Michel Camdessus, ancien directeur du Fonds monétaire international, les Etats-Unis, l'Europe et le Japon vont subir un fort ralentissement au 4e trimestre 2008 et au 1er trimestre 2009, mais le dynamisme des pays émergents d'Asie redonnera des couleurs à l'économie mondiale.