Pétrole

Les pays producteurs de pétrole peinent à s'accorder sur un gel de la production 

Le sommet de Doha ne devrait pas conduire à l'objectif désiré, celui d'un gel contraignant de la production au niveau de janvier. L'Iran n'est pas venue. L'Arabie Saoudite s'est montrée intransigeante sur la participation de tous 

Après une journée de samedi marquée par un discours ferme de l'Arabie Saoudite exigeant la participation de tous les membres de l'Opep à un accord de gel de la production à Doha, la présentation d'un projet d'accord dimanche matin a laissé espérer une issue positive aux négociations. 

Mais il a fallu déchanter. D'une part l'Iran ne s'est pas déplacée à Doha, arguant qu'elle devait retrouver son niveau de production d'avant les sanctions à l'égard du pays. D'autre part l'Arabie Saoudite a exigé des modifications au projet d'accord.

L'agence Reuters a en effet indiqué que le Royaume insistait pour que tous les pays de l'Opep s'engagent à respecter l'accord. La réunion, qui rassemble 18 pays représentant environ la moitié de la production mondiale, a été rapidement interrompue, avant d'être reprise en fin d'après-midi.

Absence d'objectif contraignant

Après une hausse de 30% du cours du baril, la réunion de ce dimanche est censée indiquer la tendance future du pétrole, et sans doute de l'ensemble des marchés financiers. Selon un analyste de Bank of America, en cas d'accord, le pétrole pourrait remonter à 50 dollars le baril (43 dollars vendredi) et dans la perspective d'un échec, selon Saxo Bank, redescendre à 30 dollars.

Selon les nouveaux termes du projet, les pays n'évoqueraient qu'un «niveau raisonnable» («agreeable») de la production, et les aspects contraignants seraient biffés. La question n'est pas seulement de la ratification ou non d'un accord, mais de ses aspects contraignants. 

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Selon un analyste de Natixis cité par Reuters, «en l'absence d'un gel, l'Arabie Saoudite ne pénaliserait pas seulement l'Iran, mais aussi les Etats-Unis. Peut-être est-ce aussi leur objectif».

Grève majeure au Koweït

La production s'est toutefois réduite immédiatement pour des raisons imprévues. La grève «illimitée» entamée dimanche par les travailleurs du secteur pétrolier et gazier au Koweït, qui protestent contre des réductions de salaires envisagées par le gouvernement, a entraîné une forte baisse de la production, selon un responsable cité par l'AFP.

Un porte-parole de la Kuwait Oil Co., Saad al-Azemei, a indiqué sur Twitter que la production de pétrole du Koweït avait baissé à 1,1 million de barils (mbj) dimanche au premier jour de la grève, contre 3 mbj en moyenne, selon l'agence. Le Conseil des ministres a vivement critiqué la grève, qualifiée de «claire violation de la loi, ce qui est inacceptable».

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