Analyse

Les pays du Sud adorent le libéralisme économique

L’Occident a prospéré grâce à la libre circulation des marchandises et des capitaux. L’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud empruntent la même voie, mais leur transformation dérange l’ordre économique établi depuis la Seconde Guerre mondiale

Le 9 novembre 1989, la chute du mur de Berlin signe la défaite du communisme. Ne reste que le libéralisme triomphant. Trente ans plus tard, celui-ci fait face à une crise existentielle qui se manifeste par les inégalités, les populismes et le défi climatique. Peut-on sauver le libéralisme? C’est le thème d’une série d’articles que nous proposons cette semaine.

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Entendons-nous bien: lorsqu’on évoque la fin du libéralisme, on parle surtout de la montée de la tentation illibérale en Occident. C’est un président américain qui brandit le slogan «America First». C’est Bruxelles qui dresse un mur contre les flux de capitaux, chinois sans le dire. Le reste du monde, c’est-à-dire la majorité écrasante de la population mondiale, adore le libéralisme économique.

Au départ, la planète, hormis les Etats-Unis et l’Europe occidentale, n’était pas du tout libérale. Dans la période d'après-guerre, les pouvoirs centralisés, les régimes autoritaires et les Etats nouvellement indépendants ont poursuivi des politiques (protectionnisme, monopoles) qui les ont conduits à la ruine. La crise de la dette dans les années 1980 est aussi passée par là. Et lorsque la maison était en feu, beaucoup d’entre eux en Asie, en Afrique et en Amérique ont fait appel aux pompiers du Fonds monétaire international (FMI).