Bien que les négociations du Cycle de Doha ne soient pas à l’agenda de la 7e conférence ministérielle de l’OMC qui débute ce lundi à Genève, les pays en développement entendent mettre la pression notamment sur les Etats-Unis, pour sa conclusion en 2010. Parlant à la veille de la conférence, Celso Amorim, ministre brésilien des Affaires étrangères, a expliqué que ce serait une réponse à la crise économique mondiale, une assurance contre le protectionnisme et un signe de confiance dans le système commercial multilatéral. Selon lui, de nombreux pays, notamment les plus pauvres, n’ont pas les mêmes moyens que les économies riches pour financer des mesures de relance ou pour subventionner des secteurs malades. «Les pays en développement ont beaucoup à perdre si Doha n’aboutit pas. Mais ils seront les grands gagnants en cas de conclusion», a ajouté Anand Sharma, le ministre indien du Commerce. Selon lui, l’agriculture devra être au centre de tout accord. Il a expliqué que l’explosion des prix alimentaires en 2008 a eu lieu parce que de nombreux producteurs, incapables de concurrencer la production et l’exportation subventionnées, ont abandonné les champs.

Indécision américaine

«Il y a un pays en particulier qui fait qu’on n’avance pas», a accusé Celso Amorim, faisant implicitement référence aux Etats-Unis. L’administration Obama n’a pas encore défini sa politique commerciale alors même qu’elle est en place depuis dix mois. Selon le ministre, d’autres pays profitent de l’indécision américaine pour ne pas s’engager dans les négociations.

A son arrivée dimanche à Genève, le représentant américain au Commerce Ron Kirk a simplement déclaré que son pays entendait s’associer à d’autres pays et jouer un rôle moteur pour conclure Doha. «Dans un monde plus ouvert aux produits et services américains, cela est dans l’intérêt de nos exportations et de nos travailleurs», a-t-il déclaré.