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Les valves aortiques et pulmonaires de Xeltis se résorbent d'elles-mêmes, après avoir permis aux tissus de se régénérer.
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Medtech

Depuis les Pays-Bas, le suisse Xeltis lève 52 millions de francs

Faute de trouver des fonds de croissance en Suisse, la start-up qui veut révolutionner les thérapies cardiaques avait dû s’expatrier en 2012. Elle devrait commercialiser ses premières valves restauratives dans deux à trois ans

Xeltis poursuit son bout de chemin. Après avoir vainement cherché des fonds de croissance en Suisse, l’ancienne spin-off de l’Université de Zurich a levé consécutivement 30 millions de francs fin 2014 et l’équivalent de 52 millions de francs mercredi.

Deux tours de financement bouclés en un peu moins de trois ans qui permettront à la start-up de commercialiser ses premières valves cardiaques dans deux à trois ans. Une cadence impossible à envisager depuis la Suisse, explique son directeur Laurent Grandidier.

L’entreprise avait décidé il y a quelques années d’installer sa structure de recherche et développement à Eindhoven, aux Pays-Bas, où elle emploie une cinquantaine de personnes. En partie en raison des facilités pour trouver des fonds de croissance – le financement est notamment assuré par des fonds européens et un investisseur stratégique étasunien. Mais aussi parce que la technologie a été développée dans une université néerlandaise.

Une valve naturelle pour la vie

Xeltis veut révolutionner le secteur des thérapies cardiaques avec des valves qui se forment dans le corps des patients, et non plus en laboratoire. Fabriquée à partir de polymères bioabsorbables, la matrice synthétique «attrape» les cellules, puis se résorbe d’elle-même, offrant aux patients une «meilleure qualité de vie» tout en réduisant les coûts de santé, assure le directeur de l’entreprise, dont le siège se trouve toujours à Zurich (6 employés).

L’obsolescence des valves traditionnelles représente un problème toujours plus important au vu de l’allongement de l’espérance de vie. Les valves aortiques doivent par exemple être changées tous les dix ans, voire plus rapidement si le patient est jeune. Laurent Grandidier rappelle les limitations des techniques actuelles: «Les valves insérées via des interventions transcathéter (sans ouverture du thorax, ndlr) s’abîment également plus vite. Ce sont des opérations qui sont de toute façon très lourdes et qui ne peuvent pas être répétées à l’infini.»

Des marchés colossaux

Les valves pulmonaires, déjà testées sur l’homme, devraient être les premières à arriver sur le marché. Elles concernent notamment les personnes nées avec des malformations congénitales, un marché de quelques centaines de millions de dollars. Mais, à terme, Xeltis aimerait décliner sa technologie sur tous les types de valves (aortique, mitrale et tricuspide). «Ce sont des marchés colossaux, à plusieurs milliards de dollars, et qui devraient encore doubler dans les années à venir. Et notre technologie a le potentiel de changer l’approche médicale.» Les fonds obtenus devraient en tout cas permettre d’en avoir le cœur net.

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