Mobilité

Le PDG d’Expedia prend la direction d’Uber

Dara Khosrowshahi remplace Travis Kalanick, qui avait dû démissionner sous la pression d’investisseurs. Sous sa férule, Expedia a bondi grâce à des acquisitions, dont hotels.com et Trivago

Le PDG d’Expedia, Dara Khosrowshahi, a été nommé dimanche nouveau PDG d’Uber en remplacement de Travis Kalanick, qui avait été contraint de démissionner en juin, affirme le New York Times.

«Dara Khosrowshahi a émergé comme candidat leader pour être PDG à l’issue de réunions du comité de direction de Uber avec trois finalistes», précise le journal qui cite «deux personnes proches du processus» de nomination ayant requis l’anonymat.

Lire aussi: Uber fait le ménage parmi ses dirigeants

Uber, leader de la réservation de voiture avec chauffeur, n’était pas immédiatement joignable pour confirmer ou infirmer cette information.

Dara Khosrowshahi avait pris la tête d’Expedia en 2005 et a largement contribué depuis à son expansion notamment grâce à des acquisitions. Expedia est l’un des plus gros voyagistes en ligne au monde, avec toute une série de sites proposant de réserver des chambres d’hôtel, des billets d’avion ou des voitures de location comme hotels.com, hotwire, Travelocity, hotelclub.com, cheaptickets.com, Egencia, Trivago, CarRentals.com... Originaire d’Iran, Dara Khosrowshahi est également membre du comité de direction de The New York Times Company depuis 2015.

Le retrait de la course de Jeff Immelt

Plusieurs médias américains avaient plus tôt dimanche évoqué la nomination imminente d’un nouveau PDG mais ils évoquaient alors le fait que la PDG d’Hewlett-Packard Entreprise, Meg Whitman, était de nouveau dans la course.

De son côté, l’ancien PDG de General Electric (GE), Jeff Immelt, dont le nom figurait parmi les nombreux patrons potentiels de Uber, avait annoncé dimanche qu’il n’était plus candidat.

«J’ai décidé de ne pas concourir au poste de patron d’Uber», avait-il déclaré sur son compte Twitter. «J’ai un immense respect pour l’entreprise et ses fondateurs», avait-il ajouté, sans toutefois expliquer son retrait.

«Jeff Immelt s’est retiré de lui-même après avoir observé confusion et divisions au sein des différentes factions de la direction d’Uber», selon le Wall Street Journal (WSJ) qui cite une personne proche du dossier.

Une autre source proche aurait indiqué que cette annonce publique était pour Jeff Immelt une façon de «sauver la face», car son nom n’aurait pas suscité un fort mouvement d’adhésion au sein d’Uber, selon le quotidien économique. Jeff Immelt, qui a occupé le poste de PDG de GE pendant seize ans, avait passé la main le 1er août à John Flannery. Il était donc libre pour prendre la tête de Uber, lui-même sans patron depuis juin.

Restaurer une culture d’entreprise assainie

Patron emblématique mais controversé, Travis Kalanick avait dû démissionner sous la pression d’investisseurs soucieux de redorer l’image de Uber, ternie par des scandales, sur fond d’accusation de harcèlement sexuel ou de vol de technologies.

Les hostilités sont montées d’un cran ce mois-ci avec la plainte d’un investisseur du groupe, le fonds Benchmark Capital Partners, qui a accusé l’ex-PDG de manœuvrer auprès du conseil d’administration pour revenir. Travis Kalanick a répliqué en accusant le fonds de mener une campagne «indigne» destinée à l’écarter définitivement du groupe.

Uber s’est en outre mis à dos les taxis qui voient en lui leur mort programmée, les régulateurs de nombreux pays qui cherchent à lui faire barrage, et même ses propres chauffeurs, qui réclament de meilleures rémunérations ou un statut plus protecteur.

Si la nomination de Dara Khosrowshahi était confirmée, sa tâche serait donc immense. Il devra sans doute s’attacher à restaurer une culture d’entreprise assainie tout en faisant face aux batailles juridiques et au bilan négatif de l’entreprise.

Lire aussi: Insensible aux scandales, Uber croit sans cesse

La semaine dernière, Uber, qui n’est pas coté en bourse, avait confirmé avoir enregistré au second trimestre une perte d’exploitation avant intérêts et impôts (EBIT) de 645 millions de dollars et de 534 millions avant dépréciations et amortissements (EBITDA). Ces résultats financiers avaient été publiés initialement par le site Axios.

Le chiffre d’affaires «ajusté» ressort à 1,75 milliard de dollars, plus que doublé par rapport à la même période de l’an dernier (800 millions). Le nombre de courses dans le monde a crû de 150% sur un an, poursuit le site d’information, qui ne donne pas de chiffre brut.

Publicité