Le prix du brut a évolué en dents de scie vendredi, le baril s'offrant autour de 128 dollars en fin de journée, légèrement supérieur par rapport à la veille. Cette hausse s'explique par le recul du dollar face à l'euro et, selon des analystes, par le retour des fonds spéculatifs sur le pétrole. De leur côté, des milliers de pêcheurs, agriculteurs et routiers européens ont poursuivi les actions pour protester contre les prix élevés des carburants et obtenir une compensation. Etat des lieux.

• Italie

En Italie, plus de 10000 pêcheurs ont poursuivi la grève dans les Marches et le Molise, deux régions du centre du pays qui donnent sur la mer Adriatique. «La grève durera au moins jusqu'à ce que le ministre de l'Agriculture nous reçoive», a affirmé un représentant des pêcheurs.

• Espagne

En Espagne, où se concentre la plus puissante flotte de pêche de l'Union européenne, entre 7000 et 10000 pêcheurs ont manifesté vendredi devant les locaux du Ministère de l'agriculture à Madrid. Les pêcheurs ont distribué 20 tonnes de poissons frais pour sensibiliser la population. «C'est la pire crise que traverse le secteur depuis 100 ans. Le prix du gazole a triplé en quatre ans et le prix du poisson à la première vente n'a pas bougé depuis 20 ans», a expliqué un syndicaliste.

• Portugal

Au Portugal, la grève nationale de pêcheurs a été suivie à 100%, selon la Fédération des syndicats de la pêche. Aucun bateau n'est sorti et beaucoup de pêcheurs se sont rassemblés sur les lieux de la criée pour donner de la visibilité à leur mécontentement.

• France

En France, les actions des pêcheurs, rejoints par les agriculteurs, se sont poursuivies vendredi. Une vingtaine de bateaux de pêche ont pris position dans l'avant-port du Havre, empêchant tout mouvement de navires. La capitainerie du Havre, deuxième port français après Marseille, a lancé sans succès des injonctions aux manifestants pour qu'ils libèrent les accès. Des actions de pêcheurs ont également eu lieu dans le sud-est, avec le blocage des raffineries près de Marseille. Des agriculteurs ont aussi bloqué six dépôts pétroliers à Lyon.

Par ailleurs, l'Organisation des transporteurs routiers européens a organisé vendredi des opérations escargot en région parisienne et près de Limoges pour protester contre la cherté du gazole.