Pékin débourse des milliards pour sa nouvelle route de la soie

C’est l’un des grands axes stratégiques de Xi Jinping au plan économique. Alors que la Chine affronte une sensible dégradation conjoncturelle, conséquence de niveaux de production excessifs au cours des dernières années et de l’explosion de l’endettement, elle se tourne désormais vers l’extérieur pour soutenir sa dynamique. Le but: accélérer les échanges avec les pays du pourtour chinois, et plus particulièrement avec ceux identifiés comme appartenant à une «nouvelle route de la soie», sur le front occidental du pays.

En recyclant une partie des gigantesques montants de réserves de change (4000 milliards de dollars) qu’elle a accumulés au cours des dernières décennies, la deuxième économie mondiale est en mesure de financer de grands programmes d’infrastructures qui présentent le double avantage d’offrir un débouché au «made in China» et des marchés aux sociétés chinoises associées à ces chantiers de construction.

D’après le magazine Caixin, les autorités centrales viennent de nommer l’équipe dirigeante du fonds chargé de piloter ce programme, qui doit être doté de 40 milliards de dollars.

L’équipe sera dirigée par Wang Yanzhi, un officiel qui fait lui-même partie de l’équipe en charge de la gestion des réserves de change. Environ 65% des financements du fonds viendront des réserves de change du pays, tandis que le fonds souverain chinois, China Investment Corp, apportera 15%. Deux autres institutions financières très politiques fourniront le reste: China Development Bank et Export-Import Bank of China.

La première vient d’ailleurs de recevoir pour consigne, de la part de Pékin, de se concentrer à nouveau sur sa mission initiale, qui est d’être un outil politique pour concrétiser les choix économiques des autorités chinoises, et non de concurrencer les grandes banques commerciales. Devant le potentiel à la fois économique et diplomatique de son projet de «nouvelle route de la soie», et alors que la croissance ralentit très rapidement, Pékin met donc son infrastructure financière en ordre de bataille pour agir au plus vite sur ce nouveau front.

Grandes manœuvres familiales autour du géant Hyundai

Cherchant à accélérer le processus de succession à la tête du gigantesque conglomérat Hyundai qui contrôle les marques automobiles Hyundai et Kia mais aussi un groupe de transport maritime, un équipementier automobile ou encore une société de courtage, l’actuel patron de l’empire, Chung Mong-koo, et son fils, Chung Eui-sun, viennent de vendre pour 1,1 milliard de dollars de titres de l’une de leurs filiales, la société de logistique Hyundai Glovis.

Le président du groupe et son héritier se devaient d’écouler rapidement cette part de 13,3% qu’ils détenaient dans l’entreprise pour se conformer aux nouvelles lois sur la concurrence qui limite la taille des parts contrôlées par les membres d’une même famille au sein d’une entité.

A l’issue de l’opération, la famille Chung ne possède plus que 29,99% de la société, contre 43,3% auparavant, et se retrouve dès lors en dessous du taux plafond de 30% imposé par Séoul, qui cherche à clarifier les structures des grands chaebols industriels qui règnent sur l’économie du pays. La cession de 5 millions d’actions de Hyundai Glovis doit par ailleurs, selon les analystes, permettre à Chung Eui-sun, l’héritier désigné, de lever des fonds pour monter au capital de Hyundai Mobis, une autre société du conglomérat, qui est placée au cœur de la complexe structure financière du géant, parfois décrite comme une assiette de spaghettis.

Si la société Hyundai Mobis regroupe toutes les activités d’équipementier automobile du groupe, c’est surtout la «maison mère» des autres «filiales». Elle est ainsi le plus gros actionnaire du groupe automobile Hyundai Motors, la perle du chaebol, avec une part de 20,78%. Avant de prendre la direction de l’empire familial, Chung Eui-sun se doit de détenir une part importante de Hyundai Mobis.

Un général nord-coréen exécuté pour avoir contredit Kim Jong-un

Il y a quelques semaines, Pyon In-son, l’un des plus hauts cadres des forces armées nord-coréennes, apparaissait encore, sur les photos officielles, carnet de notes à la main, semblant subjugué par la sagesse des paroles de Kim Jong-un, le dictateur nord-coréen, venu supervisé des exercices militaires.

Cette semaine, un officiel sud-coréen a révélé que le général avait été récemment exécuté pour avoir tenté de résister à des consignes de Kim Jong-un. Si Séoul affirme ne pas connaître l’origine du différend entre les deux hommes, le quotidien sud-coréen Chosun Ilbo affirme que Pyon In-son aurait refusé de remplacer des responsables militaires en charge de projets de coopération avec l’armée chinoise.

Il aurait été démis de ses fonctions en novembre dernier avant d’être jugé et exécuté. Avec cette nouvelle purge, Kim Jong-un chercherait, selon les experts, à discipliner l’armée, dont il se méfie toujours.