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Malgré l’avancée annoncée vendredi, la Chine reste un marché difficile pour les banques étrangères.
© Andy Wong / AP Photo

Réglementation

Pékin ouvre son secteur financier

Les groupes étrangers pourront à l’avenir prendre une part majoritaire dans les entreprises financières chinoises. La décision, annoncée vendredi, va profiter aux banques suisses, déjà bien présentes dans le pays

La Chine a annoncé vendredi une ouverture sans précédent de ses marchés financiers. Les investisseurs étrangers pourront à l’avenir détenir une part majoritaire (51%) dans les entreprises actives dans le domaine du courtage, de la gestion d’actifs et du négoce de contrats à terme, contre 49% actuellement. D’ici à 2020, ils pourront en posséder 100%. Une mesure similaire a été introduite dans le secteur des assurances, où les limites seront complètement levées d’ici cinq ans. Le plafond de 25% fixé pour les participations étrangères dans les banques chinoises va lui aussi être supprimé.

Face à l’endettement massif d’une partie des entreprises d’Etat et des autorités locales, «la Chine se doit de diversifier ses sources de financement en faisant appel à des investisseurs étrangers», explique Oliver Rui, un professeur de finance à la China Europe International Business School de Shanghai. Elle veut aussi encourager les investisseurs institutionnels internationaux à s’intéresser à la bourse chinoise, dominée par les petits épargnants. «En ouvrant son système financier, le pays espère en outre donner un coup de pouce à son objectif de faire du yuan une monnaie de réserve globale», ajoute Shen Jianguang, économiste en chef chez Mizuho Securities.

De l’épargne en quête de débouchés

Pour les groupes étrangers, ce décret ouvre des opportunités. «Les secteurs les plus intéressants pour eux sont le courtage, la gestion d’actifs et l’assurance, pense l’expert. Les nouvelles classes moyennes chinoises ont accumulé beaucoup d’épargne et sont à la recherche de débouchés pour l’investir, idéalement auprès d’établissements exposés aux marchés internationaux.»

Lire aussi: La Chine se rapproche de la finance internationale

Les nouvelles mesures annoncées vendredi vont aussi permettre aux banques étrangères de prendre une part majoritaire dans les coentreprises qu’elles ont dû créer pour avoir le droit d’opérer en Chine. «Cela va leur permettre de gagner un meilleur accès au marché chinois et d’accroître leur base de clientèle», juge Oliver Rui.

Marché clé pour les banques suisses

Pour les banques helvétiques, la décision chinoise est une bonne nouvelle. «La Chine représente un marché clé pour nous et nous allons désormais œuvrer pour accroître notre participation dans UBS Securities Co. Ltd.», a réagi Eugene Qian, le président d’UBS China Strategy Board. La banque suisse avait déjà fait passer ses parts dans cette coentreprise créée en 2006 de 25 à 49% en janvier. Mais jusqu’ici, elle ne pouvait pas en détenir la majorité.

Lire également: Comment UBS s’étend en Chine

Il s’agit de la plus importante coentreprise chinoise affiliée à un groupe financier étranger. En 2015, elle a réalisé 296 millions de yuans (44 millions de francs) de profits. Présent en Chine depuis 1989, UBS possède en outre une entité consacrée à la gestion de fortune, une autre dévolue à la gestion d’actifs et deux autres qui font de la gestion de fonds et du négoce de contrats à terme.

Du côté de Credit Suisse, on se réjouit également de la décision chinoise. «Cela va nous permettre de participer encore plus activement au développement des marchés financiers chinois», note Yukmin Hui, une porte-parole. La banque, présente dans le pays depuis plus de trente ans, y opère une coentreprise de gestion d’actifs avec Industrial & Commercial Bank of China (ICBC), la plus grande banque de Chine. Cette joint-venture a plus de 1 billion de yuans (150 milliards de francs) dans son escarcelle, ce qui en fait la deuxième plus importante société de ce genre dans L’Empire du Milieu. En novembre dernier, l’établissement suisse a aussi lancé une coentreprise de courtage, Credit Suisse Founder Securities.

De nombreuses restrictions à lever

Malgré l’avancée annoncée vendredi, la Chine reste un marché difficile pour les banques étrangères. «Elles sont confrontées à de nombreuses restrictions, qui leur interdisent par exemple de gérer les avoirs de leurs clients chinois hors du pays», relève Shen Jianguang. Il appelle aussi à ne pas sous-estimer la concurrence locale. «Les banques chinoises sont désormais très compétitives et ont l’avantage d’être connues sur le marché national», dit-il. Face à la difficulté de s’imposer en Chine, plusieurs banques étrangères – à l’image de JPMorgan, Citigroup ou Goldman Sachs – ont revendu ces dernières années leurs parts dans les coentreprises qu’elles avaient établies dans le pays.

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