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Pékin remplace ses quotas d’exportation de terres rares par des licences

Mise sous pression depuis Genève, la Chine se refuse à abandonner le contrôle de ses métaux stratégiques

Pékin a levé ses quotas d’exportation de terres rares

Commerce La Chine n’abandonne pas pour autant le contrôle de ses métaux stratégiques

Sous la contrainte, Pékin a mis fin ces derniers jours à ses quotas à l’exportation sur les terres rares. En vigueur depuis dix ans, ce système avait fait l’objet d’une plainte en 2012 des Etats-Unis, de l’Union européenne et du Japon devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

L’entité basée à Genève a condamné la Chine – qui concentre plus de 90% de la production mondiale de cette famille de ­métaux stratégiques – en août dernier. Pékin avait commencé à semer la panique il y a dix ans en réduisant entre 40 et 70% ses ­quotas d’exportation, alors que ses ventes à l’étranger de terres rares n’avaient jamais atteint les niveaux d’engagements qu’il s’était lui-même fixés à l’OMC. Ces mesures protectionnistes avaient fait grimper en flèche – jusqu’à 2000% – les prix de certaines terres rares, indispensables à de nombreuses industries (high-tech, automobile, nucléaire, etc.).

La décision des autorités chinoises d’abolir ces quotas était prévisible. D’autant plus que, selon les experts, ils n’étaient plus efficaces, la moitié des terres rares chinoises partant en contrebande. En revanche, le fait que Pékin remplace ce dispositif par un régime de licence à l’exportation était moins attendu.

Des mines aux Etats-Unis

Pékin n’abandonne donc pas le contrôle de métaux aussi indispensables pour ses propres industries vertes. Il n’accordera des licences d’exportation qu’aux opérateurs agréés. De quoi faciliter la constitution de stocks, et donc d’orienter les prix sans subir les foudres de l’OMC, dénoncent certains observateurs.

Face à ces restrictions, plusieurs pays ont réinvesti dans le secteur abandonné des terres rares. Des mines ont rouvert par exemple aux Etats-Unis. Et l’exploration relancée. Ailleurs, on cherche des alternatives à ces métaux ou l’on tente d’améliorer leur recyclage.

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