Les spéculations vont bon train sur de nouvelles mesures que Pékin pourrait prendre pour donner une nouvelle impulsion à l’économie chinoise. Elles ont été encore plus persistantes lundi après l’annonce d’une croissance ralentie à 9,2% pour 2011, contre 10,4% l’année précédente.

Plombée par une baisse des exportations, notamment en Europe, plongée dans la crise de la dette souveraine, la hausse du produit intérieur brut (PIB) est tombée à 8,9% au quatrième trimestre, soit à son niveau le plus bas depuis mi-2009.

Nouveaux plans de relance

«Alors que la Chine avance à pleine vapeur vers l’année du Dragon – elle commence le 23 janvier –, son économie se trouve prise dans un ralentissement brutal, a commenté un économiste d’IHS Global Insight basé à Pékin, cité par Bloomberg. Le pire reste à venir. La croissance du PIB va probablement tomber de plus d’un point de pourcentage ce trimestre.»

En réalité, les autorités chinoises ont déjà ouvert un peu plus le robinet du crédit en abaissant à deux reprises ces derniers mois le niveau de réserves obligatoires des banques. Mais des experts n’excluent pas un nouveau plan de relance comparable à celui qui avait été mis en place en 2008-2009. Pékin avait alors décidé, d’une part, de réduire sa dépendance aux exportations et, d’autre part, de stimuler la demande intérieure. Grâce à ses réserves financières bien fournies, il avait consacré 540 milliards de dollars à des projets d’infrastructures et sociaux, principalement dans les régions rurales. Cet investissement massif avait cependant créé une inflation qui était montée jusqu’à 7%. Il avait aussi nourri les craintes d’une bulle immobilière. Plusieurs dizaines d’immeubles ont été construits dans les zones urbaines grâce au crédit facile ces deux dernières années. Mais ils restent inoccupés pendant plusieurs mois alors même que les prix évoluent à la baisse. Raison pour laquelle les autorités ont resserré le crédit et la masse monétaire sur le marché. A présent, les experts estiment que de nouveaux programmes de relance se justifient face aux risques d’un fort ralentissement en 2012. Pékin craint que le scénario 2008-2009 ne se répète: plusieurs centaines d’usines avaient dû être fermées par manque de commandes et plusieurs millions d’ouvriers avaient été licenciés. La bourse de Shanghai croit à de nouveaux plans de relance. Malgré le recul du PIB annoncé lundi, elle a bondi de 4,18%. Les actions de Cosco, principale entreprise de transport maritime, ont enregistré un gain de 10%. D’autres entreprises, à l’instar de Jiangxi Copper and Aluminium Corp ou Citic Securities, ont également fait des gains importants. «On pense que le gouvernement pourrait baisser le niveau de réserves des banques, a déclaré un gérant de fonds chinois cité par Bloomberg. Il y a aussi de grandes attentes dans des mesures gouvernementales plus directes pour aider les entreprises.»

Pour l’heure, Pékin ne s’est pas prononcé à ce sujet. Le Bureau national des statistiques (BNS) se dit satisfait de la croissance en 2011 «dans un environnement économique extérieur défavorable». Par contre, le BNS a expliqué avoir confiance pour 2012, estimant que l’urbanisation rapide de la Chine et l’industrialisation maintiendront une forte activité. Pour la première fois en 2011, les citadins sont devenus majoritaires en Chine (51%), et leurs revenus ont progressé de 8,4% cette année.