Après deux ans d'efforts, Microsoft, Google et Yahoo! doivent annoncer ce mercredi la signature d'un code de conduite pour tenter de protéger les droits de l'homme au niveau international. Mardi, le Wall Street Journal et le New York Times présentaient les grandes lignes de cette «Global Network Initiative». Si les principes de cet accord sont salués par tous, sa mise en application risque de ne pas changer grand-chose.

Si les trois géants de l'Internet décident d'agir de leur chef, c'est parce qu'ils sentent deux types de pression: celle des internautes, et surtout celle du Congrès américain. Depuis 2006, certains parlementaires ont fait planer sur ces sociétés la menace d'une réglementation pour leurs investissements à l'étranger.

Reproches

Les reproches qui leur sont adressés sont clairs: Yahoo! a admis avoir livré au gouvernement chinois des informations ayant permis d'arrêter un dissident. Google se plie à la régulation chinoise pour filtrer les résultats de ses recherches, tout comme Microsoft.

Ce nouveau code de conduite précise que les signataires s'engagent à protéger les données privées de leurs utilisateurs quelle que soit leur localisation, et à «interpréter et appliquer de façon restrictive les exigences gouvernementales qui remettraient en cause la vie privée».

Amnesty International, qui a été invité à co-rédiger le texte, a refusé de le signer. «L'initiative est louable, mais ne va pas assez loin, regrette Manon Schick, porte-parole d'Amnesty en Suisse. Microsoft, Yahoo! et Google ont affirmé que malgré ce texte, ils ne reviendraient pas sur les pratiques en cours. Et le texte est parfois si ambigu, si peu contraignant, que rien ne garantit un changement de ces pratiques.»

Il est possible que d'autres sociétés signent cet accord, comme par exemple France Télécom et Vodafone. Le document doit être tout bientôt consultable à l'adresse http://www.globalnetworkinitiative.org.