Pensons autrement!

Obligations Une sélection des pays active et dynamique crée des opportunités

Les solutions à revenu fixe se sont excessivement centrées sur les marchés du crédit. Après la crise, les investisseurs se sont précipités sur le crédit en partant du principe que le revenu et le risque augmentent proportionnellement. Les obligations de sociétés investment grade (notation élevée) peu risquées étant devenues trop chères, la quête de rendement des investisseurs s’est déplacée à des niveaux inférieurs de la structure du capital. Cette approche fonctionne bien depuis 2009. Cependant, le crédit est plus corrélé aux actions que les obligations souveraines globales. Pendant les périodes de tension sur le marché, la capacité du crédit à diversifier et protéger le capital est compromise.

Les investisseurs doivent envisager d’autres sources de revenus lorsqu’ils cherchent à gérer le risque de baisse. L’utilisation de la prime à terme peut contribuer à atteindre ces objectifs. Avec des rendements à un niveau historiquement bas, une hausse de ces derniers est plus probable qu’une baisse. Accroître la durée et exploiter les courbes de rendement abruptes sont des moyens d’assurer un revenu durable, une diversification et une protection à la baisse.

Allonger la durée semblerait aller à l’encontre de l’environnement actuel dominé par les manœuvres de la Fed. Selon les conventions du marché, une hausse des rendements devrait inciter les investisseurs à revenu fixe à réduire la durée et à vendre plus tôt pour éviter les pertes de capital. Inévitablement, les évolutions monétaires et économiques aux Etats-Unis affecteront certains marchés des obligations souveraines, mais les possibilités de différenciation existent, et il semble de plus en plus clair que les marchés se dissocient de la Fed. Alors que les marchés opèrent au sein d’une économie globale interdépendante et peuvent souvent être mis en rapport, les marchés des obligations souveraines individuelles sont eux régis par leurs propres taux d’intérêt et cycles économiques. Même dans les économies principales qui ont coordonné l’assouplissement d’urgence de la politique monétaire en 2008, on constate actuellement une plus grande dispersion entre les cycles macroéconomiques et les réponses fiscales et monétaires. En pratique, cela signifie un découplage accru de la Fed.

La distinction entre marchés développés et marchés émergents est de moins en moins nette lorsqu’il s’agit de sélectionner des opportunités de primes à terme sur le marché souverain global. Les investisseurs devraient plutôt se concentrer sur la qualité du revenu, en évaluant précisément la capacité et la disposition à payer des pays. Les indicateurs économiques et sociaux jouent en faveur des marchés des obligations de certains petits pays, bon nombre d’entre eux ayant reçu la note «A» ou plus, avec des primes de rendement attractives.

Plutôt que d’abandonner les obligations d’Etat et d’éliminer les risques liés à la durée, les investisseurs devraient embrasser le potentiel de revenu des marchés souverains et les avantages de la diversification. Les portefeuilles à revenu fixe, dont la structure est basée sur le risque lié à la durée plutôt que sur le risque de crédit, devraient fournir une meilleure protection à la baisse en période de tension sur les marchés. Les investisseurs peuvent engager les leviers alpha en faveur d’actifs à revenu fixe offrant un rendement élevé, comme les devises et le crédit, selon les opportunités. Identifier le point d’équilibre du bêta du marché entre la durée et le crédit devrait aider les investisseurs à trouver la bonne solution en matière de revenu.

* Head of InternationalFixed Income, T. Rowe Price

La distinction entre marchés développéset marchés émergents est de moinsen moins nette