L'Arc lémanique reste la région la plus touchée par la pénurie de logements. Selon les statistiques publiées lundi par l'Office fédéral de la statistique (OFS), le taux d'habitations vacantes est tombé dans le canton de Vaud de 0,61% en juin 2007 à 0,46% en juin dernier. A Genève, il a marginalement augmenté, de 0,19% à 0,20%. On parle en général de pénurie lorsque le taux de vacance est inférieur à 1,5%.

En termes absolus, le nombre de logements disponibles sur Vaud a reculé de 2106 à 1621, pour moitié des trois et quatre pièces. A Genève, il est passé de 414 à 431. Sur ces deux cantons, les deux tiers des habitations disponibles étaient à louer et un tiers à vendre.

La difficulté à trouver un logement ne se lit pas que dans les chiffres. Les visites d'appartements à louer attirent la foule. Des personnes en quête d'un logement n'hésitent pas à promettre par voie de petite annonce une récompense à qui leur permettra d'en trouver. A se demander si, pour trouver des appartements disponibles, certains ne recommenceront pas à éplucher les avis mortuaires, comme cela se faisait parfois dans les années 1980.

Dans les autres cantons romands, le marché est un peu moins tendu. Le taux de vacance est de 1,08% à Fribourg, 1,23% à Neuchâtel, 1,49% dans le Valais et 2,13% dans le Jura. Les grandes agglomérations alémaniques connaissent aussi une situation moins critique que l'Arc lémanique: le taux de vacance est de 0,61% dans le canton de Zurich, 1,14% à Berne et 1,2% à Bâle.

Début des années 2000

La situation a commencé à se tendre après 2000. En 1999, le taux de logements libres était encore de 1,81% dans le canton de Vaud, de 1,36% à Genève et de plus de 1,5% ailleurs en Suisse romande. Au bout du Léman, le marché s'est crispé rapidement, tandis que le taux de vacance vaudois est passé sous le chiffre zurichois en 2005.

Parallèlement, les loyers ont pris l'ascenseur. Selon les données de l'Office fédéral du logement, ils ont augmenté de 45% entre 1996 et le premier semestre 2008 dans la région lémanique. La hausse était de 20% en Suisse occidentale, 12% à Zurich et 11% en moyenne suisse.

Croissance dynamique

L'Arc lémanique est une des régions les plus dynamiques de Suisse sur le plan économique, notamment grâce à l'attrait de la place bancaire genevoise, témoignait encore la semaine dernière une étude de Credit Suisse. Ce qui ne manque pas d'attirer des multinationales et des salariés, en provenance notamment de l'Union européenne. A 0,9% par an entre 1996 et 2006, la croissance de la population est nettement plus dynamique qu'en moyenne nationale (0,6%), selon l'étude «Espace métropolitain Genève-Montreux».

Mais la construction peine à suivre. Selon d'autres chiffres de l'OFS, la production de logements a décliné de respectivement 9% et 63% au premier semestre dans les agglomérations genevoise et lausannoise, à respectivement 789 et 475 unités. Avec une lueur d'espoir: le nombre d'habitations en construction ou autorisées permet d'entrevoir un ballon d'oxygène.