Le Temps: Quel bilan faites-vous de la réunion ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce, qui eu lieu ces jeudi et vendredi à New Delhi?

Marie-Gabrielle Ineichen: C’était mieux que ce qu’on pouvait attendre. L’impasse dans laquelle se trouvaient les négociations depuis plus d’un an a été rompue. Les chefs négociateurs commerciaux se retrouvent dès le 14 septembre à Genève pour préparer un plan d’action et de nouveaux textes de compromis.

La Conférence ministérielle de l’OMC qui aura lieu fin novembre à Genève fera une évaluation des avancées. L’ambition de conclure le cycle de Doha en 2010 est maintenue.

– Qu’est-ce qui a changé?

– Le dynamisme. En convoquant cette réunion, l’Inde a démontré qu’elle voulait aller de l’avant et conclure Doha. Les Etats-Unis, qui ont, comme l’Inde, un nouveau ministre depuis le début de l’année, sont également décidés d’aller de l’avant. La preuve: ils viennent de nommer Michael Punke au poste d’ambassadeur auprès de l’OMC à Genève. Les ministres présents à Delhi ne se sont pas contentés de dire qu’il faut conclure les négociations. Ils se sont engagés à faire les concessions nécessaires.

– Que signifie ce dynamisme pour la Suisse?

– Nous sommes très contents. Alors que les négociations portaient jusqu’ici sur l’agriculture et les produits industriels, les ministres ont décidé de l’élargir aux Services, mais aussi Règles et à la Facilitation des échanges. Cela est très important pour la Suisse. Une bonne partie de notre économie dépend des Services que nous exportons dans le monde.

– Avez-vous eu des échanges bilatéraux à New Delhi?

– Avec la Chine, l’Indonésie et la Malaisie. Les discussions ont porté sur des accords de libre-échange. La priorité de la Suisse reste un accord multilatéral dans le domaine commercial. Nous devons toutefois aussi poursuivre nos contacts en vue des accords bilatéraux.