A l'instar de ses concurrents, UBS n'a pas échappé, au cours du troisième trimestre 2004, à la faiblesse de l'activité dans la banque d'investissement. Le résultat avant impôts enregistré par UBS Investment Bank a déçu nombre d'analystes. Celui-ci s'est établi à 714 millions de francs, en baisse de 19% sur la même période de l'an dernier et de 23% par rapport au trimestre précédent.

Alors que le recul enregistré dans le négoce d'actions était compensé ces dernières années par les affaires obligataires, ce dernier segment a à son tour essuyé une baisse des revenus en raison du raidissement des taux d'intérêt. Mais la baisse de 21% essuyée par UBS dans ce segment au troisième trimestre a été plus marquée que celle enregistrée par Deutsche Bank (-12%) et par Merrill Lynch (-18%). Le déclin des revenus du négoce d'actions s'explique de son côté aussi par le tassement estival des marchés. Par ailleurs, la faible volatilité a encore réduit la demande des clients pour les produits dérivés.

Comme par le passé, le déclin des revenus (-20% sur le trimestre précédent) de la banque d'investissement s'est cependant accompagné d'une compression équivalente des charges d'exploitation et des coûts de personnel. Bonne surprise, le ratio de rémunération, indicateur clé en la matière, s'est même amélioré à 52% en trois mois. Si UBS donne l'impression de n'avoir pas su tirer suffisamment parti de l'évolution des marchés, le géant bancaire témoigne en revanche d'une maîtrise efficace des coûts. Et cela dans un métier, la banque d'investissement, où cet exercice est particulièrement difficile.

Dans la dernière étude de la banque Pictet consacrée aux banques d'investissement européennes, Peter Thorne souligne que le très faible niveau de provisions (rapporté aux crédits octroyés) actuel de ces établissements les rend vulnérables à un retour de ces valeurs à un niveau normal. Or ce niveau de provisionnement est nettement plus faible pour UBS que pour CS Group et Deutsche Bank.