Prévoyance

La performance des caisses de pension dépasse déjà 2% en 2016

Avec le rebond de 1,11% en moyenne en juillet, les caisses de pension ont déjà gagné 2,34% en 2016, selon une analyse de Veronica Weisser, chez UBS. Sans crise cet automne, le taux minimum LPP devrait être maintenu à 1,25%

Malgré les incertitudes politiques et les conséquences du Brexit, les caisses de pension présentent en moyenne un rendement de 1,11% en juillet, après un mois de juin marqué par une baisse de 0,24%. La fourchette entre la meilleure caisse de pension (1,9%) et la plus mauvaise (0,4%) est de 1,5% le mois dernier. Depuis le début de l’année, la performance s’élève à 2,34% en moyenne, selon une étude publiée lundi et effectuée par Veronica Weisser, économiste spécialisée dans la prévoyance auprès de la «Recherche» d’UBS.

Forte redistribution au profit des rentiers

Selon ses calculs, la performance annuelle moyenne depuis 2011 s’inscrit à 4,14%. Comme le taux d’intérêt LPP est de 1,25%, les assurés ont reçu moins du tiers du rendement disponible. Les deux tiers sont allés aux retraités. «Nous assistons à un transfert massif de fonds en faveur des retraités» fait valoir Veronica Weisser.

Les autorités se prononceront cet automne sur le taux LPP en vigueur en 2017. «Elles devraient maintenir le taux actuel de 1,25%», selon l’experte en prévoyance d’UBS.

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Depuis le début janvier 2016, la catégorie de placement qui a offert le meilleur rendement pour les caisses de pension est celle des «autres obligations» (+4,66%), c’est-à-dire des titres à revenu fixe en d’autres monnaies que le franc suisse. Les obligations en francs suisses ont rapporté un peu moins (3,42%).

Contribution élevée de l’immobilier et des obligations

Malgré les diverses indications d’effritement des prix, l’immobilier reste en deuxième position des meilleurs contributeurs de performance en 2016 (+3,83%). «Le rendement des caisses de pension dépend, dans l’immobilier, bien davantage des revenus des loyers que des variations des prix», explique la banque. C’est pourquoi les variations mensuelles sont chaque mois positives. Elles ont été comprises entre 0,33% et 0,85% en 2016.

Les deux classes d’actifs qui ont le plus fortement pénalisé les instituts de prévoyance sont les hedge funds (-3,24%) et les actions suisses (-2,17%).

Malgré les rendements négatifs de l’alternatif, de nombreuses caisses de pension augmentent sensiblement leurs investissements alternatifs. «La raison est à chercher dans la pénurie de placements dans le contexte des rendements extrêmement bas dans les obligations», fait valoir Veronica Weisser.

Davantage de prise de risque

L’experte de la grande banque nous explique que les caisses de pension ont suivi leurs recommandations dans leurs allocations de placement. Face aux taux négatifs et à la baisse des rendements obligataires, «elles ont adapté leur portefeuille et accru leur profil de risque sur une base non pas tactique mais stratégique. Elles ont structurellement augmenté leur pondération en actions. Lorsque les marchés boursiers se comportent bien, les caisses de pension en profitent du fait de leur stratégie à long terme privilégiant une prise de risque accrue», indique-t-elle.

Les actions suisses ont certes baissé de 6% depuis le début de l’année, en vertu de l’indice SMI des grandes valeurs, mais les caisses de pension n’ont perdu que 2,17% en moyenne. «Cela montre que la gestion active (c’est-à-dire non indicielle) a bien fonctionné», poursuit Veronica Weisser. A son avis, «les caisses de pension ont, ici aussi, suivi les conseils bancaires qui leur proposaient des titres à haut rendement, lesquels se sont davantage appréciés que la moyenne, et des actions de moyenne capitalisation».

Aujourd’hui, les marchés boursiers semblent préparer un changement de tendance sectorielle. «C’est peut-être le moment de réfléchir si l’on veut devenir plus cyclique que défensif en termes de choix des branches d’activité», affirme UBS.


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