La vitalité de la biotechnologie suisse (plus de 200 entreprises et des recettes annuelles de 5,9 milliards de francs) est inversement proportionnelle à sa capacité de conviction dans la foire d'empoigne du congrès de Chicago.

Dans une salle aux trois quarts vide, un délégué suisse termine la séance de présentation. «Des prospectus sont à disposition à côté de nous sur l'estrade. Approchez-vous!» La pile reste intacte. La quarantaine de spectateurs, dont de nombreux Asiatiques, se dirige vers la sortie. Aucun contact. Personne n'a eu le temps de poser une seule question.

La Suisse avait cinquante minutes pour convaincre. C'est raté, à entendre les applaudissements émanant des salles voisines où se présentent la Belgique et l'Italie. La Nouvelle-Zélande, une heure plus tôt, avait attiré plus de 100 personnes en insistant sur son fructueux partenariat avec l'Etat américain de l'Iowa.

Autosatisfaction

Un peu plus tard la France fera salle comble, en présence de Christine Lagarde, ministre du Commerce. Excellente vendeuse. «Nous disposons de 66 pôles de compétence en France où nous offrons des exonérations fiscales. L'environnement est particulièrement favorable à l'innovation grâce à des gens très motivés. C'est une réalité bien différente de celle des manifestations de rue que vous voyez en ce moment à la télévision.»

Pascal Neuville, responsable scientifique de Faust Pharmaceuticals, vante ensuite les atouts de l'Alsace, centre pharmaceutique... proche de Bâle, «qui donne accès à toute la main-d'œuvre spécialisée nécessaire». Les étrangers présents ont pu croire que Bâle se situait en France.

La Suisse s'est contentée d'un discours empreint d'autosatisfaction. Plusieurs présentations, très techniques, sur l'utilité de la bio-informatique, ont endormi l'auditoire. «Nous avons pensé qu'il était préférable de se profiler sur un seul sujet, explique Willi Meier, vice-président de Swiss Biotech. Je ne comprends pas pourquoi il n'y a pas davantage de gens intéressés. Mais ce n'est que le début du congrès. Des contacts pourront être noués au stand d'exposition.»

La Suisse n'a-t-elle donc pas intérêt à attirer de nouvelles entreprises? «Notre but est de rendre le monde attentif à ce qui se passe en Suisse, pas vraiment d'attirer de nouvelles entreprises. La base biotechnologique est bonne. On vise donc une croissance interne. Un congrès comme celui de Chicago aide simplement les sociétés existantes à nouer des contacts.»