Les grandes entreprises suisses, les multinationales, les universités et écoles polytechniques ainsi que les organisations internationales basées à Genève, Lausanne, Berne ou Zurich ne peuvent pas compter uniquement sur des hauts cadres ou chercheurs locaux. Ils doivent aussi recruter à l’étranger. «Par chance, cela ne pose aucun problème particulier», souligne José Caballero, économiste au Centre de compétitivité mondiale de l’IMD. En effet, selon cette prestigieuse école de management basée à Lausanne, qui a publié lundi son «Classement 2018 des talents», la Suisse reste, pour la cinquième année consécutive, la championne du monde pour attirer et retenir les personnes hautement qualifiées.

Lire aussi: La Suisse sait attirer et garder les talents

José Caballero, Salvadorien, qui a lui-même fait des études puis travaillé aux Etats-Unis, sait de quoi il parle. «Tout va bien en Suisse, se félicite-t-il. Les salaires élevés, les infrastructures, le système d’éducation, la stabilité politique et économique et la qualité de vie en général, constituent les aimants qui attirent les talents.» Et de donner un contre-exemple: «Le Brésil est un grand pays ayant beaucoup d’atouts. Mais à cause de l’insécurité et la corruption, des centaines de hauts cadres Brésiliens préfèrent s’installer à l’étranger». Sur le classement de 63 pays, le géant sud-américain occupe le 60e rang.

«La vigilance s’impose»

Dans les détails, la Suisse occupe la première place sur plusieurs critères: salaires dans les services et dans le management, système de santé, système d’éducation, notamment au niveau tertiaire. Elle fait moins bien dans quelques domaines: coût de la vie (59e), croissance du marché du travail (38e), ratio élève-enseignant dans l’école primaire (30e), participation des femmes dans le monde du travail (26e).

Et lire également: La compétitivité suisse mise à mal par la force du franc

L’IMD relève encore deux points saillants. La perception négative sur la place du secteur privé au sein de l'économie fait reculer le pays du 4e rang l’an dernier au 12e en 2018. «On peut interpréter ce fait comme un signe précoce qui pourrait brider l’attrait du pays, analyse José Caballero. Il n’y a toutefois pas de quoi s’alarmer, mais la vigilance s’impose.»

Autre point à surveiller, la politique suisse en matière d’immigration. Sur ce point du classement, les Emirats arabes unis qui ont une politique migratoire qui attire les hauts cadres, occupe la première place, suivis de l’Argentine et la Norvège. La Suisse occupe la 39e place, en recul par rapport à 2017 (34e) et à 2016 (32e). Il n’y a que trois pays occidentaux qui font pire: Danemark (40e), Autriche (44e) et Etats-Unis (54e).