L’économie suisse devrait connaître une période de stagnation durant les prochains mois, à en croire le KOF. Le baromètre conjoncturel de l’institut zurichois a poursuivi son recul en décembre, cédant 0,33 point pour se fixer à 0,01.

La tendance à la baisse, observable depuis mai, a toutefois légèrement fléchi en décembre par rapport au mois précédent, a relevé mercredi le Centre de recherches conjoncturelles de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) dans un communiqué.

Le KOF élabore son baromètre sur la base de plusieurs modules et sous-modules, parmi lesquels figurent la construction, l’industrie ou encore la consommation.

Pessimisme du KOF

Le module «PIB principal» (ensemble de l’économie sans la construction et le crédit) présente toujours une tendance nettement négative. Les modules «Construction» et «Crédit» se maintiennent en revanche en zone positive.

A l’instar des autres prévisionnistes, le KOF avait à la mi-décembre revu à son tour ses prévisions conjoncturelles à la baisse pour la Suisse. Après un hiver en régression, l’économie devrait quasiment stagner l’an prochain, selon les experts zurichois.

Plus pessimiste que la moyenne, l’institut prévoit une progression du produit intérieur brut (PIB) de seulement 0,2% en 2012, alors qu’en septembre il tablait encore sur une croissance de 1,5%. La faiblesse conjoncturelle devrait se répercuter assez rapidement sur l’emploi, d’après le KOF.

Hausse du chômage durant 18 mois

Le phénomène s’accompagnera d’une hausse du chômage en Suisse durant les dix-huit prochains mois, estime pour sa part Serge Gaillard, chef de la direction du travail au Seco. L’économie helvétique aborde cette phase difficile dans des conditions moins bonnes qu’en 2008.

Son ampleur dépendra de deux facteurs, explique Serge Gaillard dans une interview parue dans l’édition de janvier du mensuel PME Magazine. Il s’agit de l’évolution du franc et de la capacité politique de l’Union européenne à rassurer les marchés financiers quant à sa capacité à faire face à ses engagements.

«Dans les deux cas, l’insécurité est très grande et les pronostics s’avèrent difficiles. Nous tablons sur un ralentissement marqué de la croissance économique de 1,8% en 2011 à 0,5% en 2012», note Serge Gaillard, en rappelant les prévisions les plus récentes du Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco).

Pour mémoire, le taux de chômage en Suisse a atteint 3,1% à fin novembre, contre 2,9% un mois plus tôt. L’an prochain, le Seco table sur un coefficient moyen de 3,4%. Le chômage partiel présente également une tendance marquée à la hausse, avec une progression de 58,4% du nombre des personnes touchées en septembre.