Une dangereuse attaque contre «les riches»

● Le chef des statistiques du canton de Zurich a publié un ouvrage qui attaque la concentration des richesses et exige une pratique «rigoureuse» de l'impôt de succession. Sur un point, les économistes sont tous d'accord. Les inégalités de revenus n'expliquent pas les écarts de fortunes. Ceux-ci proviennent de la réussite entrepreneuriale, de l'héritage ou des assurances sociales étatiques. L'exigence d'un impôt de succession relève d'une politique à très court terme, selon le professeur Kurt Schiltknecht, dans la Weltwoche. Beaucoup de décisions économiques sont prises en réfléchissant aux générations futures. C'est vrai du créateur d'entreprise qui, plutôt que de maximiser ses profits à court terme, pense à la survie de son projet à long terme et recherche un successeur. Les parents investissent dans la formation de leurs enfants et prennent maintes décisions pour les futures générations. Un changement de philosophie, une attaque contre les riches et contre les héritages conduit à privilégier la consommation à court terme et pénaliser l'épargne à long terme. En outre, c'est une nouvelle campagne contre les familles, explique l'ex-chef économiste de la BNS.

Portrait de Ben Bernanke, l'improvisateur

● Ben Bernanke est en passe de devenir le plus puissant des présidents de la Réserve fédérale. Il a fortement élargi les compétences de l'institution. Trop, aux yeux de Paul Volcker, qui estime qu'elle a abandonné ses principes historiques. Le magazine Bloomberg décrit le parcours de ce brillant académicien, saxophoniste et fils de pharmacien, passionné pour le combat contre les crises financières. En 2000, il a d'ailleurs publié un ouvrage sur la Grande Dépression de 1929 et en a vendu 6500 exemplaires. Loin des 488000 du livre de Alan Greenspan.

Manque de transparence de la transaction d'UBS

● Le transfert de la moitié des titres problématiques liés aux «subprime» poursuit différents objectifs. En les sortant de son bilan, la banque évite de devoir subir les fluctuations de valeur de ce paquet chaque trimestre. En outre, cela libère des fonds propres. Mais il est incompréhensible, selon la NZZ, que la banque qualifie l'opération de vente et puisque UBS conserve une bonne partie du risque de marché et du risque de crédit. Plutôt que de présenter les détails de la transaction, la banque emploie des formules peu précises. Un soupçon peut ainsi se développer, celui de provoquer des interprétations erronées. Ce n'est pas une position très convaincante.

Transports publics en France: la grève de trop

● Les syndicats de la SNCF et d'une partie de la RATP ont appelé à une nouvelle grève des transports publics. Pourtant la réforme ne leur porte pas préjudice. Elle entérine le caractère spécial de leur régime de retraite, expliquent dans le Figaro Pierre-Edouard Ducray et Nicolas Lecaussin, auteur de l'absolutisme efficace (Plon 2008). Les anciens cheminots ne sont pas concernés. Et les retraités de la SNCF touchent en moyenne 1620 euros par mois, contre 1465 pour quelqu'un qui a fait carrière dans le privé. Cet écart va encore se creuser. Le taux de cotisation salariale à la SNCF est figé depuis près de vingt ans à 7,85% et l'augmentation des dépenses retraite est exclusivement prise en charge par les usagers et les contribuables. Mieux, le régime de retraite des cheminots est financé aujourd'hui grâce à une subvention de 3 milliards d'euros, soit la moitié du budget du Ministère de la justice. L'ultime proposition des syndicats se limite à la seule revendication: des milliards! des milliards!