Patrimoine

Les personnes aisées privilégient la Suisse et le franc

Les épargnants fortunés préfèrent de plus en plus les placements en franc et restent fidèles au cash, selon une étude de BlackRock. Ils sont pas moins de 35% à choisir leur société de gestion parce qu’elle est suisse et seulement 29% en raison de sa performance

En comparaison internationale, les épargnants fortunés suisses envisagent l’avenir       avec davantage d’optimisme que les autres, mais ne prennent pas le risque de sortir du franc ou d’un environnement connu, selon un sondage auprès de 28 000 personnes réalisé en avril par BlackRock. En Suisse, quelque 200 personnes aisées ont répondu. Elles ont plus de 45 ans, en moyenne un revenu de 300 000 francs par an pour le ménage et une fortune de 1,6 million de francs.

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Dans leur choix du gérant, 35% privilégient une société suisse (26% en 2015). Ce critère de nationalité prime sur celui de la performance (29%), même si ce dernier est aussi en hausse par rapport à 2015 (15%). Est-ce bien rationnel? «La confiance et la réputation de l’établissement, notamment la qualité de ses représentants importe avant tout», a expliqué André Bantli, directeur de BlackRock, mercredi à Zurich.

Priorité à la qualité du gérant

Cependant la qualité du spécialiste reste prioritaire, avec 63% (54% en 2015), devant les frais de gestion, à 41% (37%). A noter que 48% des sondés changeraient d’institut s’il introduisait des taux négatifs sur leur épargne tandis que 29% d'entre eux réagiraient en investissant davantage en actions ou obligations.

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Les épargnants aisés sont davantage confiants qu’il y a deux ans (39 contre 35%), observe André Bantli. Toutefois leur sentiment de sécurité se réduit (12 contre 19%). Leur principale source d’inquiétude provient des taux de change (22%), devant l’insécurité politique (17%), l’avenir de l’Union européenne (10%), Donald Trump (6%), le terrorisme (2%), ou encore l’offensive contre les paradis fiscaux (3%), selon le sondage.

Face aux impondérables politiques et économiques, les riches augmentent leurs investissements de proximité. La quasi-totalité de leurs changements de portefeuille (97%) correspond à une réorientation des investissements vers la Suisse. Ils sont 89% à avoir accru leurs avoirs en franc, au détriment de l’euro et du dollar. Et un tiers des sondés déclare n’avoir que du franc suisse.

Plus on est riche et plus on quitte le cash

Les fortunés sont prudents, leur part en cash est stable à 33%. Elle atteint même 38% pour les ménages ayant 1 à 2 millions de francs de patrimoine (25% en 2015). Mais elle tombe à 19% pour les plus de 2 millions de francs.

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A l’inverse, si seuls 5% ont des hedge funds, leur proportion est très élevée dans leur portefeuille (19%). Si 81% ont des actions, leur part au portefeuille ne dépasse pas 37%. La hausse des bourses n’a donc pas fortement accru leur fortune.

L’étude indique que si l’objectif de renforcement de la prévoyance demeure primordial (97 contre 93%), il faut être plus actif pour l’atteindre. Le degré d’agressivité à cette fin passe de 3 à 14%.

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