Le groupe bancaire Syz, 26 milliards de francs sous gestion, a enregistré une perte nette de 8,2 millions l’an dernier, selon une sélection de chiffres officialisés mardi matin. C’est trois fois moins qu’en 2019, mais les raisons des chiffres rouges sont identiques: la réorganisation du groupe genevois et les conséquences de la vente des fonds Oyster, annoncée début 2020. Parmi les trois pôles d’activité, la gestion privée (14 milliards sous gestion) a dégagé un bénéfice net de 4 millions de francs l’an dernier, selon une information du Temps, confirmée par Syz. L’Asset Management est décrit comme «rentable» tandis que l’activité centrée sur les investissements alternatifs ne serait pas loin de l’équilibre, d’après le groupe, qui ne fournit pas de chiffres plus détaillés.

2020 a été la troisième année de la réorganisation du groupe Syz. Ce sera la dernière qui aura des conséquences négatives sur le plan financier, assure Eric Syz. L’activité de fonds pratiquée sous la marque Oyster, vendue début 2020, continue à avoir un coût, affirme le fondateur et président du groupe: «Dans le contexte des taux d’intérêt bas, il est devenu de plus en plus difficile de battre continuellement les indices de référence, détaille Eric Syz. La concurrence s’est aussi renforcée, par l’arrivée de nouveaux acteurs et le développement des ETF, alors que le modèle des fonds Oyster implique une distribution très large, avec des frais importants. C’est pour ces raisons que nous avons décidé mi-2019 de nous retirer de cette activité.»

Le repreneur, iM Global Partner, a acquis tous les fonds et la marque Oyster. Mais le groupe a dû réduire les coûts fixes, «décommissionner la machinerie», selon l’expression de notre interlocuteur. Notamment avec un plan social pour une vingtaine de personnes mi-2020, mais aussi avec des frais concernant l’informatique ou les systèmes. La gestion d’actifs se limite maintenant à une équipe zurichoise de cinq personnes dédiée à la clientèle institutionnelle suisse, qui gère 10,5 milliards de francs.

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Lancé en 2018, le pôle d’investissements alternatifs du groupe Syz gère actuellement 1,5 milliard. L’entité Syz Capital offre du private equity en co-investissement avec la famille du fondateur, par exemple dans le financement des litiges juridiques ou la logistique maritime. Le ticket d’entrée est de 100 000 francs pour les clients du groupe, ou 1 million pour les non-clients. «L’élément clé reste la possibilité que nous offrons à nos clients d’investir à nos côtés, la valeur ajoutée que l’on fournit, avec de la performance, du service de proximité et des produits différents», résume Eric Syz.

Faire payer pour la plus-value

Ce service a un coût mais certains clients récupérés lors de l’acquisition de l’entité suisse de Royal Bank of Canada, annoncée mi-2015, étaient habitués à des honoraires plancher. «Certains ont donc été priés de trouver une autre banque l’an dernier», poursuit notre interlocuteur. En conséquence, les afflux nets de capitaux ont été négatifs l’an dernier (le groupe ne précise pas de chiffre). Les performances de gestion sont décrites comme «solides», et le ratio de fonds propres de première qualité dépasse 27%.

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Questionné sur l’affaire Compass, ce gérant indépendant genevois qui a perdu l’intégralité des fonds de ses clients, qui étaient déposés en partie chez Syz. Eric Syz n’a pas répondu à nos questions, si ce n’est pour rappeler que «ce gérant indépendant prenait les décisions de gestion, la banque ne peut pas être tenue pour responsable. Les gens qui donnent des informations à la presse veulent faire pression mais je ne céderai pas au chantage.»