«Je n'ai pas honte de ma rémunération. Elle est en relation avec la valeur que la société Nestlé a créée pour vous, chers actionnaires. Est-ce que vous avez honte d'avoir gagné 150 milliards de francs en dix ans, sous forme d'augmentation de la capitalisation boursière?»

Peter Brabeck, n'avait pas la langue dans sa poche, hier au Palais de Beaulieu à Lausanne, pour répondre à quelques détracteurs qui lui reprochaient son salaire de 14 millions de francs par an, dont 3 millions en liquide. Il a aussi clairement défendu le niveau des indemnités de l'ancien conseiller fédéral Kaspar Villiger, qui a touché quelque 305000 francs et 763 actions en tant qu'administrateur de Nestlé.

Un petit actionnaire, parmi les 2405 présents, s'est inquiété du flop des emballages Cailler. «Les erreurs de Nelly Wenger ont déjà coûté 50 millions de francs à la société, et vous devez encore dépenser de l'argent en offrant une plaque de chocolat à chaque ménage suisse», s'indigne-t-il. 220 tonnes de chocolat, soit une semaine de production de l'usine fribourgeoise de Broc, parviennent en effet ces jours dans les boîtes aux lettres helvétiques. «Cela nous coûte entre 2 et 3 millions de francs, soit l'équivalent d'une campagne publicitaire à la télévision. C'est l'occasion de renouer le dialogue avec nos fidèles consommateurs», souligne Philippe Oertlé, porte-parole de Nestlé Suisse. Luis Cantarell, directeur européen du groupe, conteste la perte de 50 millions de francs et l'évalue à 20 millions. Selon lui «cette distribution est la meilleure manière d'introduire la nouvelle gamme des produits Cailler sur le marché suisse».

Confiance renouvelée

Les actionnaires ont également renouvelé leur confiance à Peter Brabeck, formellement réélu pour cinq ans au conseil d'administration. En réalité, dès que les aspects juridiques du changement des statuts de la société seront clarifiés, la durée générale du mandat sera réduite, sans doute à trois ans. Le patron de Nestlé a balayé d'un revers de main la proposition visant à inscrire dans les statuts le droit de l'assemblée générale des actionnaires de décider de l'attribution d'une double casquette de directeur général et de président du conseil d'administration.

La consigne d'abstention lancée par le groupe «actionnariat pour une économie durable» (Actares) a été très mal suivie. Toutes les propositions des dirigeants ont été acceptées dans une fourchette de 95 à 98%, avec un petit écart de 2% dû à un taux d'abstention supérieur lors de la réélection de Peter Brabeck. Celui-ci annoncera le 20 septembre le nom de son successeur au poste de directeur général et se contentera, dès 2008, du siège de président du conseil d'administration.