«L’économie a créé 300 000 emplois en Suisse depuis 2003. Ces chiffres montrent qu’un droit du travail libéral et flexible est avantageux pour les travailleurs», a déclaré vendredi Gerold Bührer, président d’economiesuisse, lors de la Journée de l’économie. D’autres pays nous envient cette évolution, poursuit-il. «Il est très important que la Suisse maintienne la sécurité du droit», a ajouté Peter Brabeck, président du conseil d’administration de Nestlé. Les lois ne doivent pas changer en fonction des sondages ou des modes politiques. «Le populisme caractérise la législation des républiques bananières», selon lui.

Maintenir un système flexible

Le président de Nestlé juge risqué d’augmenter les réglementations des entreprises en réponse à la crise. D’une part, l’industrie n’est pas responsable de la crise financière. D’autre part, certains aspects de la révision de la loi sur les sociétés ne sont qu’«une réaction à une proposition populiste». Il critique notamment la proposition d’élection ­directe du président du conseil d’administration et l’inscription des détails de plans de rémunération organisés jusque dans les statuts. Pour expliquer les bienfaits du libéralisme économique, il s’appuie sur les 600 emplois directs et 3000 indirects que Nestlé va créer d’ici à 2012 à Avenches. L’Etat devrait ainsi enregistrer 50 à 55 millions de francs de nouvelles recettes fiscales. La Suisse doit maintenir un système flexible, car la reprise économique prendra du temps. «Une période de dix ans sera nécessaire pour retrouver les conditions d’avant la crise», a-t-il expliqué.

La tâche de l’Etat consiste à améliorer les conditions-cadres, a rappelé Hans-Rudolf Merz, président de la Confédération. La Confédération a réduit sa dette de 11 milliards de francs depuis 2005 et le solde budgétaire devrait être équilibré en 2009. Pendant ce temps, les Etats-Unis vont s’endetter de 1800 milliards dollars cette année uniquement. Hans-Rudolf Merz a ajouté que la troisième réforme de l’imposition des entreprises renforcera leur compétitivité par un allégement annuel de 500 millions de francs.