L'expert

Petites ou Grandes Organisations?

Opter pour une «jeune pousse» ou pour une grande entreprise établie, c’est la question clé aujourd’hui en matière de choix professionnel. Choix d’autant plus complexe qu’il est devenu paradoxal.

Les petites structures voient les grandes organisations comme des modèles et entretiennent l’espoir plus ou moins explicite de se vendre à ces dernières si elles réussissent.

Quant aux grandes sociétés, en mal d’attractivité, elles se démènent dans leur communication et leur offre pléthorique d’avantages sociaux pour tenter de persuader les jeunes générations qu’elles sont agiles, modernes, qu’elles valorisent des personnalités d’ « intra-preneur», qu’elles encouragent l’initiative et privilégient l’autonomie et la créativité. 

C’est ce que les jeunes diplômés leur reprochent : structure figée, hiérarchie pesante, manque de réactivité, immobilisme, contexte « politique », employés gérés comme des numéros et mis dans des boites…

Ils leur tournent donc le dos en dépit des trésors d’inventivité ainsi déployés pour les séduire.

Car quelle que soit leur discipline universitaire d’origine, de quoi rêvent-ils ? De créer ou de rejoindre une « start-up » !

Partir de rien, aller au bout de leur idée ou de leur intuition avec des copains de promotion, prolonger ce qu’ils ont aimé de leur vie d’étudiant et surtout être leur propre patron !

C’est le triomphe du « me inc ». Les milléniaux ont, en effet, une tolérance limitée à l’autorité et aux environnements contraignants ; ils envisagent d’emblée de se mettre à leur compte ou de se faire engager dans des petites structures. L’engouement est planétaire. Ils veulent travailler en toute indépendance, bénéficier de beaucoup de flexibilité et de rapidité, exprimer pleinement tous leurs talents, jouer plusieurs rôles, avoir un impact et gagner au plus vite une reconnaissance professionnelle et financière.

Et pourtant s’il est un lieu aux exigences élevées où l’on acquiert des standards et où l’on met tout en œuvre pour atteindre l’excellence c’est bien dans les grandes entreprises. La liste est plutôt longue de tout ce qu’elles ont à offrir : notoriété incontestable, infrastructure construite dans la durée, processus éprouvés qui permettent d’être efficace, de pouvoir se concentrer sur l’exercice de son métier, équipes pluridisciplinaires et multiculturelles, séniorité et professionnalisme des équipes dirigeantes, opportunités de formation, de développement, de carrière y compris à l’étranger, possibilité d’y changer de métier, de s’y constituer un réseau…

Ironiquement c’est cette expertise que les « start-up » recherchent finalement très vite. Pour assurer leur croissance et leur pérennité elles s’entourent de « venture capitalists », de « business angels », d’incubateurs, d’accélérateurs, de consultants seniors et de coaches en tous genres. En bref, elles sont sommées de se comporter déjà comme des grandes pour convaincre les investisseurs et remporter des financements.

Dans tous les cas les deux modèles d’organisation ne sont pas antinomiques, simplement dans la construction de leur parcours il est recommandé aux jeunes diplômés de commencer par les grandes. Elles contribueront à accélérer leur développement professionnel. Ils pourront ensuite transférer à de plus petites toutes les compétences techniques et relationnelles acquises.

Publicité