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EVALUATION

Les petites et moyennes sociétés se traitent à des prix cassés

En raison du plongeon des cours de bourse, certaines entreprises se traitent à des montants qui ne valorisent pas l'activité opérationnelle. Mais ces titres pourraient encore baisser.

C'est les soldes. Un cadre idéal pour un achat à long terme. Qui n'achèterait pas les actions d'une entreprise dont l'activité opérationnelle est gratuite? Ce cas de figure se présente habituellement dans un secteur qui souffre de la conjoncture. PubliGroupe en fait partie. L'entreprise vaut 155 millions de francs lundi, après un plongeon de 83% cette année. C'est à peine deux fois sa seule trésorerie à fin 2007. Ce cours étonne d'autant plus qu'à son bilan la valeur d'assurance de ses seules immobilisations corporelles atteint 191 millions de francs. On ajoutera ses participations, soit un cinquième du capital d'Edipresse (48 millions), 1,5% de Tamedia (8 millions). Et sa volonté de se séparer des 37% de BaslerZeitung Medien. On comprend dès lors que l'action s'échange à peine à 0,4 fois sa valeur intrinsèque (book value).

Mais il y a de bonnes raisons à cette faible évaluation: la récession qui frappe les médias, la réévaluation de la stratégie et une éventuelle suppression du dividende. «Ce n'est pas la valeur intrinsèque (book value) qui conduira une action à la hausse. Car les mauvaises nouvelles sur la conjoncture vont nous accompagner au moins deux trimestres. Et s'il y a un rally haussier d'ici à février, il se limitera aux grandes valeurs», selon Jérôme Schup, analyste auprès de la banque Syz.

L'investisseur ne devrait pourtant pas ignorer le rapport entre le cours de bourse et la valeur intrinsèque. «C'est l'un des deux critères qui permettent d'éviter l'illisibilité des perspectives bénéficiaires», selon Michel Juvet, chef analyste auprès de Bordier & Cie. Et d'ajouter que «ce n'est pas une garantie contre une baisse supplémentaire des cours. Mais c'est la preuve que le marché est bon marché à long terme. Le ratio n'est par exemple que de 0,5 fois pour les banques, le même qu'au pire de la crise bancaire coréenne.»

Attention au cash-flow

Le deuxième critère d'évaluation contre le manque de visibilité des bénéfices est le ratio de couverture des charges financières. «Il favorise des sociétés sans endettement telles que SGS, ABB, Sulzer, Swatch, Richemont», selon Markus Baechtold, analyste auprès de Clariden Leu. Lequel ajoute à la liste la société Schweiter en vertu de ses abondantes liquidités.

Au classement de la book value, Uster Technologies (0,3 fois) est la plus attractive. C'est aussi la meilleur marché selon le rendement du cash-flow libre (52% sur 2009). Mais le groupe est victime de l'effondrement de la demande textile. Il a d'ailleurs annoncé des suppressions d'emplois au début novembre. C'est pourtant le leader mondial des instruments de mesure de la qualité, et son CEO est l'entrepreneur industriel de l'année pour Ernst & Young.

Mieux vaut intégrer le critère de la stabilité du cash-flow que s'en tenir à la valeur intrinsèque, conseille Philippe Bruderer, gérant du Schroder Fund Swiss Small & Mid Cap. C'est l'avantage de la valeur d'entreprise par rapport au bénéfice d'exploitation (EBITDA). Combinant ces divers critères, le gérant aime bien les sociétés électriques, ainsi que Petroplus, dont la valeur dépasse le coût de remplacement de ses deux raffineries, la BCV, avec un dividende élevé, Winterthur Technologies, Sika et Inficon, pour leur capacité à générer un cash-flow stable.

Le multiple des bénéfices (PER) n'est pas un ratio très fiable actuellement, selon les experts. Mieux vaut comparer le cours aux ventes 2009 qu'au bénéfice. Le chiffre d'affaires est plus stable. Les plus attractifs sont ici: PubliGroupe (0,07 fois les ventes), Perrot Duval (0,03), Winterthur (0,10), Golay Buchel (0,11), Micronas (0,13) et Arbonia-Forster (0,14).

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