A l’origine, Google Maps, lancé le 8 février 2005, n’était qu’une aide pour se rendre d’un endroit à un autre. Mais la multinationale américaine a très vite compris qu’elle pouvait offrir beaucoup plus de services via son application, et par là même se rendre indispensable… pour, en parallèle, en savoir davantage sur le mode de vie de ses utilisateurs. La semaine passée, Google présentait plusieurs nouveautés pour un service qui commence même à remplacer d’autres applications.

Aujourd’hui, Google Maps revendique plus d’un milliard d’utilisateurs mensuels. Disponible dans 220 pays et territoires, l’application propose des informations en temps réel sur la circulation dans 171 pays. Et chaque jour, plus de 20 millions de contributions individuelles sont apportées par des internautes. Pour Google, c’est une manne extraordinairement précieuse: la société n’a qu’à compter sur la participation des utilisateurs pour enrichir sa plateforme et attirer ensuite de nouveaux clients…

En 2018: Google Maps, toujours plus complet, impressionne

Retards indiqués

Hormis un nouveau logo, Google propose désormais en Suisse (que ce soit sur Android ou iOS) de nouvelles informations pour les déplacements. Des données en temps réel sont disponibles pour les transports publics, comme les retards éventuels. Pour ce faire, la multinationale puise des informations sur la plateforme de données ouverte «TP Suisse», que les CFF exploitent sur mandat de l’Office fédéral des transports (OFT) pour toutes les entreprises de transport autorisées en Suisse. Même les indications de retards éventuels pour des bus sont désormais disponibles. Et bien sûr, pour les trains, le numéro de la voie est indiqué – mais pas encore l’affluence prévue, qui est pourtant disponible sur l’application des CFF.

Au bas de l’écran, trois onglets sont désormais disponibles sur iOS (il semble que la présentation soit différente sur Android). A gauche, «Découvrir» permet d’explorer les environs, que ce soit les discothèques, la «restauration en terrasse» ou les «lieux historiques.» Au milieu, l’onglet «Trajets» permet logiquement de préparer ses déplacements. Et à droite «Pour vous» fait de Google Maps un véritable guide touristique. On y retrouve des «idées pour le week-end», proposant la visite de châteaux, de parcs, de jardins botaniques ou encore du Musée olympique. Et surtout se trouve juste en dessous une vaste sélection de bars et restaurants, agrémentée de très nombreuses photos prises par des internautes.

Rappelons qu’en 2019 Google Maps s’était enrichi, pour les parcours à pied, d’un système de réalité augmentée superposant les indications à la vision via la caméra.

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Tripadvisor visé

Ainsi, Google Maps veut non seulement se rendre indispensable, mais aussi concurrencer directement des services comme Tripadvisor, puisque des réservations sont possibles via l’application. A noter qu’il n’y a pas de publicité affichée au sein de Google Maps.

Et ce n’est pas fini: ces prochains mois, Google va progressivement introduire des fonctions pour prédire le niveau de fréquentation des bus et des trains, en plus de l’accessibilité ou la sécurité à bord.


Apple tente de rester concurrentiel

Aucune autre application ne fait véritablement concurrence à Google Maps, ou alors seulement sur certains segments, comme la détermination du meilleur trajet, au meilleur prix, avec quels moyens de transport, en fonction des horaires. Citymapper fournit par exemple ce type de services dans certaines villes, et la plateforme de voitures avec chauffeur Uber s’est aussi lancée sur ce créneau récemment, aux Etats-Unis.

Apple, de son côté, entend rester dans la course. Fin janvier, le groupe a dévoilé aux Etats-Unis la nouvelle mouture de son application Plans, espérant faire de l’ombre au service de Google. La marque à la pomme a passé des années à améliorer son produit, parcourant des millions de kilomètres afin de cartographier au mieux les routes. L’application doit être lancée en Europe dans les prochains mois. Certaines de ses fonctionnalités sont similaires à celles de Google Maps, notamment les prises de vue immersives ainsi que le recours à l’intelligence artificielle pour vérifier le statut de réservations de vols enregistrées dans une boîte mail ou un calendrier. (AFP)