CLASSEMENT

Les petits brokers en tête du palmarès européen des analystes

D'après Pythagore Investissement, les courtiers nationaux s'avèrent plus efficaces sur leurs marchés que les courtiers paneuropéens le sont sur l'ensemble de la cote européenne.

Notre confrère parisien La Tribune innove en publiant ce mardi 13 juin un supplément spécial de 16 pages consacré à la cote des bureaux d'analyse financière en Europe. Etabli par Jean-Luc Buchalet et Christophe Prat, fondateurs de Pythagore Investissement BP, sur la base des données de Factset JCF, il passe au crible une population de 7495 analystes appartenant à 150 bureaux indépendants ou non. Le Temps a obtenu la primeur des résultats. Voici les grandes lignes de ce millésime 2005.

Des remarques méthodologiques s'imposent avant tout commentaire. L'étude établit deux types de classements complémentaires, les premiers reposant sur la pertinence des conseils (recommandations boursières), les seconds sur la justesse des prévisions de bénéfices. Les classements des meilleurs bureaux en matière de conseil tiennent compte des recommandations d'achat émises au cours de l'année civile 2005 par les bureaux qui suivent un minimum de 100 valeurs - soit un sixième - de l'indice paneuropéen du DJ Stoxx 600. La performance de la recommandation est mesurée par celle du titre dans les trois mois suivant son émission. Le critère imposant le suivi d'au moins 100 sociétés constitue une barrière d'entrée évidente dans le classement pour la plupart des maisons de courtage suisses (à titre d'exemples, Bank Vontobel ne suit que 70 valeurs, Lombard Odier Darier Hentsch que 59 et Helvea 67), alors même que les valeurs helvètes pèsent pour 10,27% du DJ Stoxx 600, ce qui en fait la quatrième nationalité représentée dans l'indice.

A l'inverse, ce critère a tendance à favoriser les courtiers britanniques, les valeurs cotées à Londres exerçant une domination écrasante dans le DJ Stoxx 600 (35% de sa pondération globale), même si en moyenne elles ont sous-performé l'ensemble de l'indice l'année dernière.

Vontobel meilleur suisse

Pour établir les classements des meilleures estimations de bénéfices 2005, le recensement des prévisions des analystes a été effectué à partir de septembre 2004 et jusqu'en février 2006.

Enfin, les podiums des meilleurs bureaux, élaborés pour l'ensemble de l'Europe et selon 10 secteurs, retiennent à chaque fois les cinq meilleurs bureaux d'analyse. A leur lecture, un constat émerge. A l'exception de JP Morgan, quatrième meilleur bureau d'Europe en terme de conseils, les grandes banques globales se révèlent incapables de se hisser sur les plus hautes marches. Idem, pour le classement des meilleurs bureaux en matière d'estimations bénéficiaires: les cinq premières places sont accaparées par des établissements de taille moyenne. A noter qu'un seul établissement, le britannique Williams de Broë, parvient à briller dans les deux palmarès. «Une tendance de fond émerge, écrit Jean-Luc Buchalet, le stratège de Factset JCF dans La Tribune. C'est celle de la spécialisation géographique.

Les brokers nationaux sont plus efficaces sur leurs marchés que les courtiers paneuropéens le sont sur l'ensemble de la cote européenne.»

Parmi les banques suisses, trois figurent au hit-parade des 30 meilleures maisons: Bank Votonbel, Lombard Odier Darier Hentsch & Cie, et Helvea. Côté justesse des bénéfices, Bank Leu et la Banque cantonale de Zurich se distinguent respectivement aux 6e et 7e rang,

Trois secteurs à la loupe

Le critère des 100 valeurs ne rentre pas en jeu dans les classements sectoriels. Force est de constater, pourtant, que la Suisse y fait encore grise mine. Il en va ainsi des secteurs pourtant largement représentés à sa cote. Dans la pharmacie, La Tribune distingue dans l'ordre: MM Warburg, Standard & Poor's, Carnegie, ABG Sundal Collier et ESN-Equinet pour les recommandations et SG Securities, Oddo, Dresdner Kleinwort, Merrill Lynch et CAI Cheuvreux pour les estimations. Aucun suisse donc dans les cinq premiers, malgré la bonne performance de Serono l'année dernière.

Dans les biens de consommation, un secteur qui englobe aussi bien Nestlé que Swatch Group, Fiat ou Adidas, la plus grande maîtrise est - encore - britannique: Seymour Pierce puis Evolution Securities pour les deux premiers (conseils) et Charles Stanley et HSBC Securities (recommandations).

Enfin, même défection des suisses dans le secteur financier, dominé pour les recommandations par ESN-Caja Mardrid et Metsler Equity et pour les estimations par le belgo-néerlandais Petercam et l'anglais ESN-NCB Stockbrokers.

Publicité