Le cours du baril de référence (WTI) a lâché 1,54 dollar à 40,06 dollars sur le contrat pour livraison en septembre, après avoir oscillé autour du seuil des 40 dollars, sous lequel il n’a plus fini depuis quinze semaines au New York Mercantile Exchange (Nymex).

«Le marché a la perception que l’offre est surabondante et cherche à voir jusqu’où il peut descendre», a déclaré Phil Flynn, chez Price Futures Group, estimant que les mouvements des cours réagissaient plus à «l’humeur» des investisseurs qu’aux données fondamentales.

Ce qui ne veut pas dire que ces dernières sont particulièrement favorables, comme il l’a reconnu: «on entend dire que la production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole atteint un niveau record, on a vu que le nombre de puits (en activité aux Etats-Unis) est en hausse, et il se dit que la Libye va reprendre ses exportations», a énuméré Phil Flynn.

Baisse des prix saoudiens

La compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a en effet annoncé qu’elle s’apprêtait à reprendre les exportations de brut, à l’arrêt depuis plusieurs mois à cause de divergences politiques et d’attaques jihadistes, après un accord pour la réouverture de deux terminaux pétroliers.

De son côté, l’Arabie saoudite, poids lourd du cartel, a réduit ses prix de vente officiels pour les consommateurs asiatiques en septembre de 1,30 dollar par baril par rapport au mois d’août, rapportaient les analystes de Commerzbank, soit la plus importante réduction de prix en presque un an qui suggère un nouvel épisode de guerre de prix destiné à préserver des parts de marché.

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D’une manière générale, «un choc du côté de l’offre, avec une estimation de 800 000 barils par jour de production revenant sur le marché en juin en raison de la fin des interruptions (d’approvisionnement) et de tendances cycliques, a contribué à exercer une pression à la baisse sur les prix» du pétrole, abondaient Abhishek Deshpande et Michael Liu, analystes chez Natixis.

Faible lueur d'espoir

En outre, ajoutaient-ils, le niveau actuellement record des stocks de produits pétroliers, en particulier aux États-Unis, pourrait pousser les raffineries à avancer leur période de maintenance, ce qui signifierait qu’elles puiseraient moins dans les stocks de brut.

Dans ce sombre tableau, Phil Flynn voyait toutefois une faible lueur d’espoir: le fait que les cours aient réduit leurs pertes en toute fin de séance pour se maintenir juste au-delà des 40 dollars «pourrait être le signe d’un rebond technique demain» mardi, a-t-il assuré, estimant que le marché a «beaucoup trop vendu» depuis deux semaines.