Les cours du pétrole coté à New York poursuivaient leur forte chute à l’ouverture, évoluant à des plus bas depuis trois ans, dans un marché restant plombé par la décision de l’Arabie saoudite de baisser ses prix du brut vers les Etats-Unis.

Vers 14H15 GMT, le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en décembre perdait 1,63 dollar, à 77,38 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex). Il a même plongé vers 10H15 GMT, jusqu’à 75,84 dollars, son plus bas niveau en séance depuis le 5 octobre 2011.

«La pression baissière observée au cours de la nuit» continue à peser dans la matinée, a observé John Kilduff, de Again Capital.

Des deux côtés de l’Atlantique, à New York, comme à Londres, les investisseurs «réagissent en effet à la baisse des prix du brut saoudien vers les Etats-Unis et ignore la hausse des cours imposée à l’Asie», a-t-il poursuivi.

Le Brent londonien a glissé dans la matinée à des niveaux plus vus depuis fin octobre 2010.

«Cela montre à quel point le marché est obsédé par l’abondance de l’offre en ce moment, alors qu’aucun signe» ne semble montrer une volonté de réduire l’offre du côté des gros pays producteurs.

Les Saoudiens «ont annoncé une hausse de leur prix de vente à l’Europe et à l’Asie alors que la demande devrait rebondir cet hiver, mais parallèlement les prix aux clients américains ont été réduits afin de défendre leurs parts de marché dans un marché souffrant de plus en plus d’abondance d’offre», a détaillé Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.

Explosion de la production américaine

Ces derniers mois, l’Arabie saoudite avait réduit ses prix pour l’Europe et l’Asie, où la demande ne semblait pas très vaillante, mais l’approche de l’hiver fait espérer un rebond de celle-ci.

Aux États-Unis, les Saoudiens doivent rivaliser avec le pétrole issu du schiste, dont l’exploitation a fortement progressé ces dernières années, conduisant à une explosion de la production américaine.

Les Etats-Unis ont produit fin octobre près de 9 millions de barils par jour (8,97 mbj), soit un niveau jamais vu depuis au moins 30 ans.

«A tout juste 3 semaines et demi avant la réunion de l’Opep», l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, «l’Arabie saoudite ne semble pas désireuse de réduire sa production. Cela rend tout accord sur une diminution globale de la production du cartel assez peu probable le 27 novembre, ce qui laisse anticiper que la pression sur les prix (du brut) va se poursuivre», ont estimé les experts de Commerzbank.

Sur fond de forte abondance de l’offre, d’une économie mondiale incertaine et d’un dollar particulièrement vigoureux, les cours mondiaux du brut sont englués dans une tendance baissière depuis leur pic de la mi-juin qui leur a ôté à Londres comme à New York plus du quart de leur valeur.