Payer pour se débarrasser d’un baril de pétrole. Lundi soir, le marché du brut est à son tour entré dans des territoires inconnus. Le baril américain de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai s’est enfoncé sous la barre des zéro dollars.

Lire aussi: Les prix du pétrole au plus bas depuis 17 ans

En d’autres termes, les investisseurs payent désormais pour liquider leurs fûts remplis de 158 litres de liquide noirâtre – impossible de parler d’or noir dans ces circonstances. Il s’agit d’un «univers parallèle», constatait sur Twitter le responsable des énergies pour l’agence financière Bloomberg.

Trop peu, trop tard

Ce nouveau chapitre illustre bien l’extrême pression rencontré par le marché du pétrole. Côté offre, ce dernier a été inondé de pétrole à bas coût après que l'Arabie Saoudite, membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a lancé une guerre des prix avec la Russie pour obtenir un maximum de parts de marché. Les deux pays ont mis un terme à leur différend au début du mois en acceptant, avec d'autres pays, de réduire leur production de près de 10 millions de barils par jour pour stimuler les marchés touchés par le virus.

«Trop peu, trop tard», estimait les analystes de Vontobel lundi. Les prix ont en effet continué à dégringoler quand il est devenu clair que les réductions promises ne suffiraient pas à compenser l'effondrement de la demande.

Enchaînement de records

Au fil de la journée de lundi, les records à la baisse se sont enchaînés jusqu’à ce qu’en début de soirée, le plancher de zéro dollars soit enfoncé. Un détail technique est venu aggraver la situation du prix du brut, déjà sous forte pression depuis le début de l’année. Car le contrat de WTI pour livraison en avril expire mardi à la clôture et ceux qui en détiennent doivent en effet trouver des acheteurs physiques au plus vite.

Les stocks ayant déjà énormément gonflé ces dernières semaines, ils sont contraints de brader leurs prix, ce qui a entrainé cet effondrement. Le contrat pour la livraison d’un baril de WTI pour juin restait, lui, autour des 20 dollars.