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Une plate-forme du pétrolier français Total en mer du Nord, en 2012. 
© JONATHAN NACKSTRAND

Energie

Le pétrole monte avec les tensions géopolitiques

Les cours du pétrole ont dépassé jeudi les 80 dollars le baril, une première depuis 2014. Ils pourraient atteindre 100 dollars rapidement, selon le patron de Total

Le baril de pétrole Brent a dépassé jeudi vers 9h50 GMT le seuil des 80 dollars, une première depuis fin novembre 2014, dans un marché tendu du fait des incertitudes autour de la production de l’Iran et du Venezuela. Depuis mercredi, les cours sont de surcroît tirés par une forte baisse des stocks américains.

Le cours du baril a dépassé ce seuil vers 9h50 GMT et est monté jusqu’à 80,18 dollars, en hausse de 90 cents par rapport à la clôture de mercredi, avant de retomber un peu en dessous des 80 dollars.

Pour sa part, le baril de «light sweet crude» américain (WTI) pour échéance en juin s’échangeait vers 10h15 GMT à 72,07 dollars, en hausse de 58 cents par rapport à la clôture de la veille.

La hausse a été alimentée par l’annonce la veille d’un recul des stocks de brut aux Etats-Unis de 1,4 million de barils et d’une très forte baisse des réserves d’essence.

Les cours sont par ailleurs soutenus par les inquiétudes quant à la production iranienne et vénézuélienne, alors que les Etats-Unis ont décidé de sortir de l’accord sur le nucléaire iranien.

Le PDG du groupe français Total, Patrick Pouyanné ne serait pas surpris de voir un baril de pétrole à 100 dollars «dans les prochains» mois, a-t-il indiqué lors d'un entretien organisé à Washington par le CSIS (Centre pour les études stratégiques et internationales).

Maersk et Total dans la tourmente

Total a par ailleurs indiqué mercredi qu’il ne mènerait pas à terme un grand projet gazier en Iran entamé en juillet 2017 à moins d’obtenir une dérogation de la part des autorités américaines.

«C’est un revers pour l’Union européenne qui souhaite maintenir l’accord» avec les autres signataires, a commenté Jasper Lawler, analyste pour London Capital Group.

L’armateur danois de navires pétroliers Maersk Tankers a aussi annoncé jeudi la cessation de ses activités en Iran, après la décision de Washington de rétablir les sanctions contre Téhéran.

«Nous honorerons les accords conclus avec les clients avant le 8 mai et veillerons à ce qu’ils soient conduits à leur terme avant le 4 novembre, comme l’exigent les sanctions américaines», a indiqué le groupe dans un courriel à l’AFP.

Le président américain Donald Trump a annoncé début mai sa décision de retirer les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en juillet 2015 et de rétablir les sanctions américaines levées dans le cadre de cet accord, ce qui concerne toutes les entreprises ayant des activités sur le territoire américain ou opérant en dollars.

Avant la levée des sanctions internationales suite à l’accord nucléaire, les exportations de pétrole de l’Iran s’élevaient à un million de barils par jour (mbj), principalement vers l’Asie et certains pays européens.

Ces exportations ont depuis grimpé à 2,5 mbj, dont la majorité est destinée à l’Europe et à l’Asie.

L’attitude de l’OPEP

Reste à savoir quelle sera la réaction du reste de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), engagée depuis fin 2016 dans un accord de limitation de sa production aux côtés de dix autres producteurs, dont la Russie.

«Tout tourne autour de l’Arabie saoudite, qui a le pouvoir de faire repartir les prix à la baisse en augmentant sa production ou, à l’inverse, de les faire grimper en tournant le robinet dans l’autre sens», a commenté Naeem Aslam, analyste chez Think Markets.

Dans le dernier rapport mensuel de l’OPEP, publié lundi, la production saoudienne est évaluée en légère hausse selon des sources indépendantes (en légère baisse selon les chiffres gouvernementaux), mais bien en deçà de la baisse marquée de la production au Venezuela, dont l’industrie est fortement affectée par la crise économique et politique qui secoue le pays.

«L’OPEP semble globalement assez engagée dans l’accord de réduction de la production», a indiqué Kyle Cooper de IAF Advisors.

Par ailleurs, un prix du Brent qui dépasserait 80 dollars n’affecterait selon lui pas la demande des consommateurs.

«L’énergie représente un pourcentage assez faible du total de la consommation des ménages, surtout européens. D’autant que les taxes représentent une partie élevée des coûts de l’essence», a-t-il noté.

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