En mai, l'inflation américaine est restée sous contrôle malgré la flambée des cours du pétrole. Les prix à la consommation hors énergie et alimentation ont augmenté de 0,2% en mai, a indiqué mardi le Département du travail. Cette progression est conforme aux attentes et moins rapide que celles enregistrées les deux mois précédents. En incluant l'énergie et l'alimentation, l'indice des prix s'affiche en hausse de 0,6%, soit sensiblement au-dessus des attentes. Par ailleurs, la confiance des consommateurs, qui s'était affaiblie depuis le début de l'année, s'est améliorée en mai, selon l'indice de l'Université du Michigan.

A moins de deux semaines de la réunion des 29 et 30 juin prochains où la Fed (Réserve fédérale américaine) devrait commencer à relever ses taux directeurs, les marchés craignaient que les tensions sur le marché pétrolier ne transparaissent sur le reste des prix. La semaine dernière, la Fed avait obscurci un peu plus leur horizon en adoptant un discours plus sanguin. Alan Greenspan avait notamment déclaré que les coûts salariaux s'élevaient désormais plus vite que la productivité et que les entreprises avaient retrouvé une marge de manœuvre appréciable dans la fixation de leurs prix de vente (LT du 09.06.2004).

Dans ce contexte tendu, ces statistiques ont rasséréné les marchés financiers. Les rendements des bons du Trésor américains à 10 ans se détendaient de plus 100 points de base après l'annonce du Département du travail. «Ces nouvelles devraient diminuer les craintes que la Fed n'augmente ses taux directeurs de 50 points de base en juin et encore de 50 points de base en août. C'est une bonne nouvelle pour les obligations», a commenté Steven East, économiste chez FBR à New York.

Sur 12 mois, les prix à la consommation avancent tout de même de 3,1%. Mais «la chute des prix du pétrole en mai dernier après la fin de la guerre en Irak a créé un effet de base défavorable», précise Fabrizio Quirighetti, économiste à la banque Syz à Genève. Il voit dans ces chiffres la confirmation qu'«un cycle économique normal se met en place». La reprise de l'activité s'accompagne avec un décalage de plusieurs mois d'une amélioration du marché du travail, puis d'un réveil des prix. «Le thème de l'inflation ne va pas disparaître de sitôt», pronostique-t-il.

Même si les prix de l'énergie devaient s'assagir, les chances sont grandes que l'inflation continue à tarauder les marchés. Ceux-ci vont suivre de près le rythme des créations d'emplois et la remontée du niveau d'utilisation des capacités.

L'Italie et le Portugal ont fait état mardi d'une inflation des prix à la consommation de 2,3% en mai.