La valeur en dollars d’un baril de 159 litres de pétrole brut est passée sous le seuil psychologique des 100 dollars vendredi à Londres. Et ce pour la première fois depuis le mois d’octobre dernier. Le pétrole de qualité Brent a vu sa valeur décliner de 18% en mai.

Sur le marché new-yorkais, le décrochage est tout aussi impressionnant. Le baril de pétrole de type WTI a vu sa valeur plonger de près de 5% vendredi, après l’annonce d’un rythme de création d’emplois au plus bas depuis un an aux Etats-Unis. A 83 dollars, sa dépréciation atteint 22% en un mois.

Les autres hydrocarbures ont suivi par ricochet. Le prix de gros de l’essence américaine – 2,66 dollars le gallon, soit 70 centimes le litre – est au plus bas depuis cinq mois. A Rotterdam, le plus grand centre d’approvisionnement européen, le tarif hors taxes du super a décliné de 12% en un mois.

Les craintes quant à l’impact accru de la crise de la dette sur l’activité européenne, mais aussi quant à un essoufflement de la croissance aux Etats-Unis – et maintenant en Chine – expliquent ce retournement.

«Ces différents éléments s’additionnent et ont fait «bang» dans l’esprit des investisseurs», note Michael Fitzpatrick, spécialiste pétrolier au sein du groupe Kilduff à New York. «L’envolée de la valeur du dollar achève d’écraser les prix», ajoute ce dernier.

Ce sauve-qui-peut a touché nombre de matières premières. Les indices reflétant ces marchés ont bouclé une cinquième semaine de baisse consécutive, période sur laquelle leur déclin atteint 13%.

Demande au plus bas depuis 1995 aux Etats-Unis

La situation aux Etats-Unis continue de donner le «la» au marché. Les chiffres du Département de l’énergie «montrent qu’en mars, la demande de produits pétroliers américaine était inférieure de près de 6% à celle affichée il y a un an, atteignant un niveau d’une faiblesse inconnue depuis 1995», renchérit Olivier Jakob, responsable du bureau Petromatrix à Zoug.

Le fait que l’Arabie saoudite continue de pomper dans ses puits à plein rythme – sa production est au plus haut depuis 1989 selon l’agence Bloomberg – ne fait qu’amplifier la baisse.