L'excédent commercial français a fondu au premier semestre 2000 sous le poids de la facture pétrolière, malgré la dépréciation de l'euro théoriquement favorable aux exportations. Sur les six premiers mois de l'année, l'excédent commercial français a fléchi à 32,258 milliards de francs français contre 56,089 milliards durant la même période de l'année précédente, en données corrigées des variations saisonnières.

La réduction du solde s'explique par le «seul alourdissement de la facture énergétique», de 40 milliards de francs par rapport au premier semestre 1999, s'est empressé d'expliquer le secrétaire d'Etat au commerce extérieur, François Huwart. La flambée du prix du pétrole, aggravée par la chute de l'euro face au dollar, monnaie dans laquelle le pétrole est traditionnellement libellé, a renchéri les importations à 997 millions de francs au 1er semestre, soit une hausse de 19,5% sur la même période de 1999.

La volatilité étant actuellement le maître mot sur les marchés pétroliers, le ministre ne se fait guère d'illusions pour cette année: il prévoit un excédent en baisse de quelque 40 milliards à 70 milliards de francs pour 2000, contre 112 milliards l'année dernière, à condition toutefois que le baril se maintienne autour des 27 dollars. Toutefois, si l'or noir avait la mauvaise idée de continuer de caracoler au-dessus des 30 dollars le baril, alors l'excédent français se limiterait à 60 milliards de francs.

La hausse des importations s'explique aussi, paradoxalement, par la bonne santé de l'économie française dont la demande intérieure, plus forte que celle de ses grands voisins, se trouve en partie assouvie par les achats à l'étranger.

Pour les six premiers mois de l'année, les exportations sont en hausse de 15,6% à 1030 milliards de francs. Aidées par la croissance américaine et la dépréciation de l'euro, les ventes vers les Etats-Unis se sont accélérées au 1er semestre et le solde est excédentaire en faveur de la France de 1,1 milliard, du jamais vu depuis 1990. En revanche, vis-à-vis de l'Union européenne, l'excédent s'est réduit.