Tous les tableaux d’affichage étaient rouges mardi matin, à l’ouverture des bourses. Les indices principaux en Europe perdaient tous du terrain, alors que le risque d’un conflit en Ukraine devient de plus en plus important. Lundi soir, le président russe Vladimir Poutine a en effet ordonné l’envoi de troupes dans les territoires séparatistes d’Ukraine après avoir reconnu l’indépendance de ces régions pro-russes.

Lire aussi: notre suivi en continu de la crise

Mais, à la mi-journée, les indices principaux européens étaient de retour en territoire positif. Même en Russie, où l’indice Moex perdait jusqu’à 9% à l’ouverture avant de remonter à -1,5%. Les obligations souveraines jugées les plus sûres ont également vu leur prix augmenter et leur rendement diminuer, tandis que le franc et d’autres monnaies refuges attiraient les investisseurs.

Wall Street fermée lundi

Les tensions autour de l’Ukraine ont en revanche continué de faire bondir les prix de l’énergie, en raison de craintes sur l’approvisionnement. En fin de matinée mardi, le pétrole frisait les 100 dollars. Le baril de brent, en hausse de 3%, atteignait à 98,25 dollars. Les prix du gaz naturel TTF dans l’Union européenne ont aussi bondi de 8,9% à 79 euros par mégawattheure avant de redescendre légèrement dans la matinée.

Les Occidentaux ont condamné la décision russe, tout en annonçant des sanctions, tandis que le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence pendant la nuit. Les marchés asiatiques ont aussi baissé pendant la nuit, mais Wall Street était fermée lundi.

Volatilité attendue

Dans une note, Mark Haefele, le responsable des investissements d’UBS Global Wealth Management, a estimé que «même s’il est trop tôt pour faire une évaluation finale de ce que les événements de lundi signifieront, nous continuons de penser que le scénario le plus sévère – impliquant des combats et une interruption prolongée des exportations russes d’énergie – représente toujours un risque extrême».

«Il est prématuré d'annoncer que les marchés ont touché le fonds, estime Christoph Schmidt, expert auprès du gérant d'actifs allemand DWS. Mais il n'y a pas plus de raison de paniquer.» Comme beaucoup d'autres analystes, il prévoit que la volatilité perdurera sur les marchés ces prochains jours.