La situation financière pour le moins difficile de l’exploitant zougois de raffineries Petroplus suscite l’inquiétude en France. Les syndicats du site de Petit-Couronne, non loin de Rouen, ont demandé mercredi à l’Etat d’intervenir auprès des banques françaises.

Les défenseurs des travailleurs exigent que les établissements concernés débloquent leur quote-part à la ligne de crédit «indispensable» au bon fonctionnement de Petroplus. Selon la CGT, trois des onze banques engagées dans la ligne de crédit, permettant au groupe d’acheter du brut, sont françaises.

«Le gouvernement doit ouvrir les coffres des banques puisqu’il ne cesse de répéter qu’il faut qu’elles soutiennent l’industrie», a affirmé Jean-Luc Brouté, secrétaire du syndicat CGT, lors d’une assemblée générale tenue à la raffinerie de Petit-Couronne.

A Petit-Couronne justement, Petroplus a annoncé en octobre une «reconfiguration» de la raffinerie qui comprendrait l’arrêt de la fabrication d’huiles et la suppression possible de 120 des 550 emplois du site.

Dans l’air depuis début décembre, les difficultés de Petroplus sont apparues au grand jour mardi. Le groupe pétrolier d’origine néerlandaise mais sis à Zoug a en effet fait savoir qu’il subissait le gel d’une ligne de crédit représentant environ 1 milliard de dollars (936 millions de francs).

Site de Cressier (NE) concerné

L’entreprise, en négociations intensives avec les banques pour rétablir la ligne de crédit, examine également d’autres options stratégiques afin de maintenir en activité son réseau européen de raffinage et de distribution, a-t-elle indiqué dans un communiqué succinct.

Petroplus ne peut actuellement plus acheter de pétrole, alors qu’il en acquiert normalement 500 000 barils par jour. La production des cinq raffineries que le groupe exploite en Europe, dont celle de Cressier (NE), n’est plus assurée que pour quelques jours, a déclaré le chef des finances, Joseph Watson.

Petroplus, qui opère sur un marché sinistré en raison des importantes surcapacités existant en Europe dans le secteur, inscrit des chiffres rouges depuis un certain temps déjà. Le groupe a ainsi essuyé au 3e trimestre 2011 une perte de 146,6 millions de dollars.

Chute de l’action

Petroplus se définit comme le principal acteur indépendant du raffinage et de la distribution de produits pétroliers en Europe. Outre Petit-Couronne et Cressier, il exploite les raffineries de Coryton (Royaume-Uni), d’Anvers (Belgique) et d’Ingolstadt (Allemagne).

A la bourse suisse, l’action Petroplus a clôturé en chute libre mardi, en dévissant de plus de 46%. Mercredi vers 15h30, elle cédait encore plus de 5% à 1,75 franc à peine, niveau qui laisse entendre que le groupe court un très grand risque de faillite aux yeux des investisseurs.