PSA Peugeot Citroën, deuxième constructeur automobile d’Europe, a annoncé dimanche soir que son conseil de surveillance, présidé par Thierry Peugeot, avait «mis fin au mandat de Christian Streiff, président du directoire» et «nommé Philippe Varin à cette fonction à compter du 1er juin 2009».

Le conseil de surveillance a été «unanime» pour «juger que les difficultés exceptionnelles qu’affronte l’industrie automobile imposaient un changement de management à la tête du groupe», a déclaré Thierry Peugeot, cité dans le communiqué.

Christian Streiff s’est fendu d’un communiqué dans la foulée, jugeant cette décision «incompréhensible». Il estime encore que «la décision du conseil de surveillance de PSA intervient alors que les résultats de la politique définie et mise en œuvre avec les équipes depuis deux ans permettent au groupe PSA d’être bien armé face à la crise».

Christian Streiff était arrivé à la tête du groupe PSA Peugeot Citroën il y deux ans, succédant à Jean-Martin Folz. Dans la foulée, il avait lancé le plan d’action «Cap 2010» visant à améliorer la rentabilité du groupe, avec l’objectif de faire de PSA le constructeur automobile «le plus compétitif en Europe» en 2015, en s’appuyant sur la maîtrise des coûts, la progression des ventes et le développement international.

Mais ces derniers mois ont été marqués par des rumeurs de dissensions entre la famille Peugeot, qui détient 30,27% du capital et 44,87% des droits de vote, et Christian Streiff sur la stratégie du groupe, ainsi qu’avec des cadres de l’entreprise.

PSA a enregistré une perte nette de 343 millions d’euros pour 2008, contre un bénéfice de 885 millions en 2007, et Christian Streiff avait estimé que «2009 devrait être une année de perte».

Le constructeur français a obtenu en février, comme Renault, un prêt de 3 milliards d’euros pour l’aider à sortir de la crise, mais la presse s’était fait l’écho de négociations difficiles avec les pouvoirs publics, le patron de PSA se montrant longtemps réticent à s’engager sur le volet social.

La crise a conduit le groupe à renforcer sa politique de réduction de coûts, avec notamment l’annonce en novembre d’un nouveau programme de réduction d’effectifs de 3550 personnes en France par départs volontaires.

En attendant la prise de fonction officielle de Philippe Varin au 1er juin, Roland Vardanega, membre du directoire, assurera l’intérim.

Philippe Varin, 56 ans, a accompli toute sa carrière au sein de deux grands groupes internationaux, Péchiney et Corus, et arrive à la tête de PSA fort d’avoir redressé Corus et opéré son rapprochement avec le groupe indien Tata Steel.

Thierry Peugeot s’est dit «convaincu que, sous la direction de Philippe Varin, le groupe PSA Peugeot Citroën sera à même, avec l’ensemble des équipes, de révéler tout son potentiel».