Le constructeur automobile français PSA Peugeot Citroën et son homologue japonais Mitsubishi ont annoncé jeudi avoir entamé des discussions pouvant conduire à un «partenariat stratégique» et, selon la presse nippone, à une large prise de participation du français dans le japonais. L’alliance entre les deux groupes créerait le sixième constructeur automobile mondial, avec des ventes totalisant 4,45 millions de véhicules, selon les chiffres de 2008.

«PSA confirme avoir débuté des discussions avec Mitsubishi Motors Company pour examiner ensemble les voies possibles d’un élargissement de leurs relations pouvant aller jusqu’à un partenariat stratégique», selon un communiqué diffusé jeudi par le premier constructeur automobile français.

Selon le journal économique japonais Nikkei, PSA s’apprête à prendre le contrôle de 30 à 50% du capital de Mitsubishi Motors, fragilisé par la crise économique et financière, et les deux groupes auraient déjà eu des discussions très avancées. Un porte-parole de Mitsubishi a confirmé que les deux groupes discutaient «de projets au bénéfice des deux entreprises». «Une alliance capitalistique est l’une des possibilités», a-t-il expliqué à l’AFP, ajoutant que rien n’avait été décidé pour l’instant. «C’est seulement le démarrage des discussions», a également indiqué un porte-parole de PSA interrogé par l’AFP, refusant de confirmer qu’elles portaient sur une prise de participation.

D’après la presse japonaise, le plan le plus probable est que Mitsubishi émette pour 200 à 300 milliards de yens d’actions nouvelles (1,5 à 2,3 milliards d’euros) que PSA achèterait, ce qui correspondrait à 30 à 50% des parts du constructeur nippon.

Le porte-parole du constructeur français a cependant rappelé des déclarations du président du groupe, Philippe Varin, selon lesquelles «des alliances capitalistiques n’étaient pas à exclure». Il avait ainsi affirmé durant l’été qu’il était «important, voire essentiel, que le groupe renforce significativement sa présence sur (les) marchés porteurs» des pays émergents.

Selon l’analyste Mamoru Kato, expert en industrie automobile au centre de recherche Tokai Tokyo, le projet n’est clairement pas celui d’un accord à égalité. «Tout le monde pensera qu’il s’agit d’un rachat de Mitsubishi», a-t-il déclaré. Il a estimé que les deux groupes étaient complémentaires. «Ils se sont déjà rapprochés. Ce serait bon pour eux d’aller plus loin. Peugeot gagnerait l’expertise de Mitsubishi dans le domaine de l’environnement et d’autres technologies, ainsi que son réseau en Asie», a-t-il expliqué.

PSA Peugeot Citroën a longtemps été réticent à un rapprochement global avec un autre constructeur, préférant des coopérations techniques ponctuelles. Les deux groupes ont d’ailleurs déjà développé ensemble les véhicules 4x4 Peugeot 4007 et le Citroën C-Crosser, des technologies propres avec les véhicules électriques et une coentreprise en Russie, à Kaluga, selon le communiqué de PSA.

Si le rapprochement se concrétisait, il s’agirait de la deuxième grande alliance entre un constructeur français et un japonais. Renault a conclu il y 10 ans une alliance avec Nissan.