Démocratie

Les peuples sont coupables de mal choisir leurs dirigeants

Quel trait ont en commun Donald Trump, François Hollande et Adolph Hitler? Ils ont tous été élus démocratiquement

Alors oui. Les peuples peuvent être coupables, du fait de leur bêtise et de leur manque de discernement. Aussi, lorsque Proudhon affirmait que «la démocratie n'est que la tyrannie de la majorité», il pouvait, dans certains cas du moins, avoir raison.

Nombre de ceux qui, parmi nous, se croient évolués, devraient se souvenir que nous ne sommes sortis des grottes que depuis 300 000 ans, et que nos instincts primitifs et nos peurs sont souvent exploités par des manipulateurs qui savent habilement se faire élire.

Mais de quoi les peuples ont-ils exactement peur, et pourquoi votent-ils souvent bêtement ? A l'heure actuelle, deux phénomènes peuvent être mis en relief.

92% des Chinois sont optimistes, 18% des jeunes Français!

Tout d'abord, si le marché est devenu mondial, les politiques gouvernementales, elles, sont restées locales. Ce qui les amène à être rejetées par ceux qui déplorent leur inefficience et qui se précipitent vers les extrêmes.

Ensuite, le sentiment du déclin dans des pays tels que la France ou l'Angleterre par exemple, qui furent de vastes et puissants empires autrefois pour ne plus être aujourd'hui que de petits pays, mène les désabusés vers le Brexit et à Marine Le Pen.

Les chiffres sont éloquents: si 92% des Chinois et 88% des Hindous se déclarent optimistes, le chiffre tombe à 17% seulement pour les jeunes Français, car tout dépend si l'on a le sentiment de progresser ou de régresser.

Les sociologues l'ont d'ailleurs parfaitement démontré: les hommes peuvent s'enrichir sans pour autant se sentir plus heureux, un phénomène que les écologistes mettent en avant pour prôner la «croissance zéro» !

Pourtant, les progrès réalisés par nos sociétés sont fulgurants. En 1900, l'espérance de vie moyenne d'un homme ou d'une femme était de 45 ans seulement. Puis, de 62 ans en 1951, elle est passée à 82 ans aujourd'hui avec un niveau de vie qui a été multiplié par trois depuis 1950 !

Le progrès ne s'arrêtera pas

D'ici deux décennies, les avancées de la médecine permettront à l'Homme de vivre jusqu'à 130 ans car les multiples recherches effectuées sur des souris ont permis de les rendre plus jeunes, plus mobiles, et de réduire entre autres leurs problèmes cardio-vasculaires.

Et les progrès ne s'arrêteront pas là! Demain, nous nous déplacerons en voiture sans chauffeur car le modèle expérimenté actuellement a déjà parcouru des millions de kilomètres sans aucun accident.

Au niveau sociétal, s'il a fallu attendre le 28 avril 1991 pour que les citoyennes du Canton d'Appenzell Rhodes-Intérieures puissent exercer pour la première fois leur droit de vote sur le plan cantonal, les progrès sont plus rapides aujourd'hui!

Chacun d'entre nous devrait savoir que nos joies terrestres sont par nature fragiles et éphémères ce qui les rend de fait beaucoup plus précieuses.

Des génies du mal, bien instruits

Alors, non! Il n'y a aucune raison de tout gâcher en votant mal. Et rappelez-vous que les hommes peuvent être de véritables génies du mal, même lorsqu'ils sont instruits.

Dans les années 30, l'Allemagne était le pays le plus cultivé au monde, celui qui possédait le plus d'universités, et pourtant, il va se précipiter dans la barbarie nazie. On peut donc être intelligent, cultivé, instruit, et être un salaud. Ben Laden possédait un doctorat délivré par une université américaine ce qui, quelque part, remet en question la notion même de «progrès» et rend certaines «élites» particulièrement suspectes.

Nous sommes aujourd'hui dans une nostalgie dépressive qui peut se révéler dangereuse, car elle pousse de nombreux peuples à élire n'importe qui, à savoir des politiciens qui nous font souvent miroiter à tort un possible retour à un passé doré.

Mais quel passé? Celui des deux guerres mondiales, de la misère au temps de Zola ou du Moyen-Âge? Tout ceci n'est que fiction, un mythe qui peut nous pousser à détruire un présent pourtant souvent enviable.

Nietzsche disait : «Les événements se vengent de nous… et c'est bien !». Quant aux dangers actuels, ils ne sont que provisoires. A leur époque, Hitler et Staline étaient particulièrement puissants, mais on est arrivé à s'en débarrasser, ce qui arrivera aussi à Daech. Il était donc inutile d'élire Donald Trump!

La nature est amorale et injuste et les sociétés humaines peuvent l'être aussi. Qu'elles réfléchissent et raisonnent, car il y va de leur salut.

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