La crise sanitaire actuelle fait apparaître – comme à l’occasion de chaque crise – les peurs de chacun, le temps de l’insouciance étant (temporairement) suspendu. Le pouvoir politique peut utiliser ces moments pour montrer sa présence rassurante (comme en Suisse, en informant correctement et en responsabilisant la population) ou sa force contraignante (comme en Chine ou aux Etats-Unis en désinformant et en stigmatisant). Les réponses apportées à la crise économique majeure (dérivée seconde du Covid-19) expriment également les différences fondamentales dans les modèles de société.

En principe, et des deux côtés de l’Atlantique, l’objectif est de préserver les revenus des ménages tout en évitant les faillites massives des entreprises empêchées d’exercer leur activité. Philosophiquement toutefois, les méthodes diffèrent en profondeur. Aux Etats-Unis, on laisse les entreprises se séparer rapidement de leur personnel, dans le but de les engager à nouveau tout aussi rapidement lorsque la situation s’améliore. Il faut donc espérer que les entreprises ne déposent pas le bilan dans l’intervalle…