200 à 250 millions de francs, soit l'une des plus grandes opérations boursières de ces dernières années en Suisse. Tel est environ le montant qu'Orascom Development Holding (ODH), à la base du méga-projet immobilier d'Andermatt (UR), devrait récolter lors de son introduction à la bourse suisse le 14 mai.

Le groupe égyptien dirigé par Samih Sawiris ne nécessite pas beaucoup de crédits pour mener à bien son projet (les travaux devraient débuter l'an prochain) devisé à plus d'un milliard de francs. «L'endettement sera inférieur à 20%. Nous avons assez de réserves financières, nous venons de réaliser une augmentation de capital de 100 millions de francs pour Andermatt. Du coup, la crise des crédits ne nous touche pas. Malgré les difficultés conjoncturelles, il reste aisé de trouver des financements pour de bons projets», souligne vendredi Samih Sawiris, patron de ODH, lors d'une interview accordée au Temps à Zurich.

Pour ce dernier, l'entrée en bourse constitue un pas important pour le développement d'Orascom. «Nous voulons ainsi attirer de nouveaux investisseurs en Europe. Nous irons là où on nous invitera à construire un village (ndlr.: pour Andermatt, la première venue de Samih Sawiris était le fruit d'une invitation des autorités). Nous avons une expertise de près de 20 ans et sommes toujours intéressés à reproduire le modèle d'El-Gouna, village sur les bords de la mer Rouge créé à partir de rien) où vivent en permanence 15000 personnes, dont 1000 enfants scolarisés», se réjouit Samih Sawiris.

Selon le membre de la famille la plus riche d'Egypte, le modèle d'affaire de ODH est simple. «Nous débutons un projet avec un niveau élevé de fonds propres. Cela nous permet de commencer à construire les infrastructures, comme des hôtels et des appartements de vacances. Nous effectuons parallèlement des préventes qui génèrent des flux de cash flow. Leurs prix augmentent progressivement, parallèlement au projet global. Nous ne construisons pas un méga-projet du jour au lendemain, mais avançons pas à pas, hôtel après hôtel», relève l'entrepreneur.

Pour un actionnaire, le retour sur investissement résulte d'une accumulation de tous les retours sur investissements liés aux activités d'ODH dans sept pays. «Même si l'un d'entre eux offre un retour sur investissement, par exemple de 10% à 15%, l'accumulation dans nos chiffres consolidés pourrait atteindre 60% avec un apport en capital identique. Depuis cinq ans, notre chiffre d'affaires et notre bénéfice ont augmenté annuellement de 60% à 100%. Cela témoigne de notre succès, de notre croissance exponentielle, chaque fois que l'on s'implante dans un nouveau pays», conclut le patron milliardaire.