«Les entreprises se sont familiarisées au concept de la responsabilité sociale. Mais si elles veulent asseoir leur réputation dans ce domaine, elles doivent s'engager dans la réalisation des objectifs qu'elles se sont fixés et ne pas s'en tenir aux déclarations d'intention.» Directrice de Philias à Carouge (GE), Bettina Ferdman n'a de cesse de sensibiliser les entrepreneurs à son combat. Un axe se développera aujourd'hui avec la rencontre annuelle de cette fondation créée en 1998, autour du thème de la diversité dans l'entreprise.

Ce combat s'articule en un principe simple: «Les entreprises doivent intégrer les attentes de tous leurs partenaires si elles veulent soigner leur réputation et gagner de nouvelles parts de marché», selon Bettina Ferdman. Ces attentes sont celles d'une gestion responsable des ressources humaines (pas de travail des enfants, équilibre des sexes, des générations dans l'entreprise, etc.).

«Ces règles n'ont pas été instaurées seulement pour faire joli dans le paysage», se défend la jeune femme face aux reproches souvent exprimés de l'utilisation de la responsabilité sociale à de pures fins de marketing. «L'entreprise est le moteur de la société, elle ne peut pas demeurer à l'écart», avance-t-elle.

«Pas de contrainte»

Signe que le discours rencontre un certain public, des entreprises acceptent de faire examiner leur fonctionnement par des consultants spécialisés, dont Philias. Alors que la fondation a gagné cinq mandats cette année, elle en a perdu trois autres. «ST Microelectronics a préféré agir au niveau européen. Notre rôle avec la Fondation BNP Paribas était terminé. Enfin, la banque Sarasin a choisi d'autres idées que les nôtres», justifie Bettina Ferdman.

Malgré ces hauts et ces bas, il n'est pas question pour la directrice de renforcer le cadre législatif. «Les entreprises s'engagent d'autant plus complètement qu'elles sont sincères dans leur démarche. L'érection d'une contrainte légale s'avérerait même contre-productive», affirme-t-elle.

L'écho parmi les entreprises est inégal, cependant, De manière générale, les multinationales, et les grandes sociétés en général, se montrent les plus réceptives. «C'est du côté des sociétés locales que l'on rencontre le plus de blocages», conclut Bettina Ferdman.