En pleine mutation, Philip Morris a ouvert lundi une procédure de consultation en vue de sa restructuration. La réorganisation du fabricant de cigarettes se déroulera en deux phases. Elle touchera dans un premier temps 265 postes dans les fonctions dites centrales de la société, à savoir les finances, les ressources humaines ou encore l’informatique.

265 emplois supprimés en Suisse

Selon les informations transmises par Philip Morris, la première étape entraînera la suppression d’une centaine d’emplois sur les sites de Neuchâtel et de Lausanne. En outre, quelque 150 postes devraient être délocalisés dans d’autres centres, à Lisbonne, Londres et Cracovie. L’usine de production de Neuchâtel n’est pas touchée par cette première vague, au même titre que les activités liées au marché suisse.

Le groupe qui emploie près de 3300 personnes en Suisse confirme ainsi des informations qui avaient filtré avant Noël. Dans le communiqué de presse envoyé lundi, il précise entreprendre cette restructuration pour soutenir sa transition vers un «avenir sans fumée».

Directeur de la communication internationale, Tommaso Di Giovanni précise l’intention, réfutant toute motivation d’ordre financier: «Dans ses activités de support aux affiliés, Philip Morris a aussi besoin de compétences différentes. Nous avons engagé ces dernières années des centaines de personnes dans des métiers tiers souvent complètement nouveaux pour nous. Nous localisons maintenant certaines de ces activités ailleurs, aussi pour avoir un accès direct à ces compétences.»

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Depuis une dizaine d’années, le groupe américain a intensifié ses activités dans des produits nouveaux destinés à remplacer la cigarette traditionnelle. Il a fait de son site de recherche et de développement de Neuchâtel un centre à la pointe dans le domaine, lançant le produit IQOS, un produit basé sur du tabac chauffé qui se veut moins nocif.

Vers un «avenir sans fumée»

Selon les chiffres avancés par le groupe, ce produit comptait 8,8 millions de consommateurs fin septembre 2019. Dans une interview publiée samedi dans Le Temps, André Calantzopoulos, directeur général de Philip Morris, notait que les problèmes de santé suscités par d’autres cigarettes électroniques avaient entraîné un ralentissement de la croissance durant quelques mois. Selon lui, les ventes sont reparties à la hausse depuis décembre.

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Présent en Suisse depuis 1957, Philip Morris réaffirme dans sa communication de lundi son attachement à ce pays. La société assure que les personnes qui perdront leur emploi bénéficieront de compensations financières supérieures aux conditions du marché et qu’elles seront épaulées pour faciliter leur reconversion professionnelle. Les secteurs touchés n’étant pas soumis à une convention collective de travail, les syndicats seront a priori peu impliqués dans les discussions.

Le canton de Neuchâtel redoute que le site de Serrières soit plus touché par la deuxième phase de la restructuration qui débutera en avril. Aucune information n’est délivrée pour l’heure par Philip Morris à ce sujet.