Perspectives

Philipp Hildebrand parie sur la Chine

Le vice-président du gérant d’actifs BlackRock s’exprimait mardi soir à Zurich à propos des principaux enjeux à venir pour l’Empire du Milieu

«La Chine va toujours davantage influencer l’économie mondiale durant le prochain siècle», pronostique Philipp Hildebrand, le vice-président de BlackRock, le premier gérant d’actifs au monde. S’exprimant mardi à l’occasion d’une conférence organisée par l’Institut suisse pour la recherche à l’étranger, l’ex-président de la BNS a rappelé à quel point la croissance de l’économie mondiale, depuis le tournant du millénaire, a été déterminée par celle de la Chine. Autour des années 2000, la Chine a contribué à la croissance mondiale dans une proportion de 28%, avant d’atteindre un pic à 35% entre 2010 et 2015. Pour les cinq prochaines années, cette part devrait légèrement redescendre à 31%, anticipe le Fonds monétaire international.

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Toutefois, l’Empire du Milieu est confronté aujourd’hui à la nécessité de passer d’une économie axée sur la production industrielle à une société de consommation. «La Chine se trouve maintenant au milieu de ce développement», a-t-il poursuivi devant un auditoire bondé de l’Université de Zurich. «Nous assistons actuellement au plus grand processus de transformation d’une économie qu’il n’y a jamais eu», a-t-il insisté.

Excès d’investissement et surendettement

L’issue de ce processus aura une influence décisive sur l’avenir de la Chine. «La Chine souffre actuellement d’un excès d’investissements. Si ceux-ci ont contribué à l’essor du pays au cours des dernières décennies, à partir d’un certain point, la poursuite d’un tel rythme d’investissement conduira à une mauvaise allocation des actifs», avertit-il.

De plus, le pays souffre d’un endettement excessif. «Beaucoup de crédits sont alloués à des entreprises étatiques peu productives. Si la Chine ne parvient pas à réorienter les investissements non productifs vers les domaines productifs, son économie va vers un déclin inévitable», avertit-il. L’économiste cite en exemple l’évolution contrastée de la Corée du Sud et du Brésil. Après une phase de croissance initiale, le premier pays a réussi à redéployer son économie, alors que le second a stagné faute d’avoir réussi à se réorienter.

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