«La Suisse a obtenu un strapontin au G20, elle peut être contente.» Ce sherpa d’une délégation du G20 traduit ainsi l’inscription du nom de Philipp Hildebrand dans le communiqué final du sommet de Cannes.

Vendredi, le président de la Banque nationale suisse (BNS) a été nommé vice-président du Conseil de la stabilité financière (CSF). Il occupera ce nouveau poste, chargé de l’évaluation de la vulnérabilité macroéconomique, et rapportera aux ministres des Finances du G20, a détaillé hier le président sortant du CSF, Mario Draghi. Philipp Hildebrand briguait la présidence, mais elle est finalement revenue à son homologue de la Banque du Canada, Mark Carney. «Ma nomination à cette fonction est un honneur pour moi», a réagi dans un communiqué le président de la BNS. L’institution d’émission a par ailleurs indiqué qu’il restait à sa tête.

Le Conseil fédéral a de son côté réagi dans un autre communiqué, diffusé par le Secrétariat d’Etat aux questions financières internationales: «Il s’agit là d’un acte de reconnaissance envers la Suisse et envers Philipp Hildebrand pour leur engagement en faveur du renforcement de la réglementation internationale du secteur financier.»

Pouvoirs renforcés

Cette promotion, puisque le patron de la BNS siégeait déjà au CSF, accompagne un renforcement du rôle de cette institution. Le G20 le voit préfigurer une «organisation mondiale de la finance».

Créé en avril 2009 et encore informel, le Conseil a été chargé de davantage contrôler l’application des décisions du G20, en priorité concernant les banques, les produits dérivés échangés de gré à gré ou encore la rémunération des acteurs financiers. «Il faut éviter une mise en œuvre incohérente qui permettrait de conduire un arbitrage réglementaire. Car ce dernier pourrait affaiblir, voire réduire à néant nos efforts», a indiqué Mario Draghi. Un rapport d’évaluation est promis au G20 Finances d’avril prochain.

Le CSF va être doté d’une structure légale propre, a encore détaillé Mario Draghi. Son siège restera à Bâle, où il est abrité par la Banque des règlements internationaux.