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Pour Philipp Hildebrand, la Suisse doit se préparer «au pire scénario avec l'UE»

L'ancien président de la BNS critique le choix du Conseil fédéral, de consulter largement sur l'accord-cadre. Représentant l'industrie des machines, Hans Hess, lui, soutient fermement la démarche

L'ancien président de la Philipp Hildebrand Banque nationale suisse (BNS) voit de grosses difficultés politiques à faire ratifier l'accord-cadre avec l'UE, notamment en raison de la protection des salaires et de l'immigration. Dans un entretien diffusé par les journaux du groupe de presse Tamedia (accès payant), celui qui était à la tête de la BNS de 2010 à 2012 critique la stratégie du gouvernement. «Je suis un peu surpris que le Conseil fédéral ait publié ce document sans trop d'explications. Ne pas prendre position n'est certainement pas une option à terme.»

Comme pour le Brexit, Philipp Hildebrand estime qu'il est possible que Berne et Bruxelles ne parviennent pas à un accord. Il conseille à la Suisse de «se préparer au pire scénario d'une rupture avec l'UE». On ne peut pas simplement supposer que ce serait une bonne chose si la Suisse rejetait l'accord-cadre actuel, poursuit-il.

Lors de la présentation de la procédure: Le Conseil fédéral ne paraphe pas l’accord-cadre avec l'UE

Le temps pourrait jouer pour la Suisse

L'ex-président de la BNS souligne toutefois que le temps joue pour Berne, car l'UE a les mêmes problèmes que la Suisse. «Les Européens eux-mêmes constatent qu'il y a des firmes étrangères affichant des salaires extrêmement bas, qui entrent en concurrence avec des entreprises nationales. Cette thématique va revenir sur la table», assure-t-il.

Il juge également que les questions de savoir, si des immigrés peuvent bénéficier de l'aide sociale immédiatement et comment l'immigration est contrôlée, risquent fort d'être à nouveau réglementées dans l'UE.

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Hans Hess, de Swissmem, est pour l'accord cadre

Pour sa part, l'industrie suisse soutient l'accord-cadre négocié entre la Suisse et l'UE. Aucune meilleure solution n'est en vue, avertit jeudi le président de Swissmem, Hans Hess.

L'accord-cadre, soumis à consultation par le Conseil fédéral, est adapté aux besoins de la Suisse, remarque Hans Hess dans un entretien diffusé par la Neue Zuercher Zeitung. «Je ne pense pas que nous négocierions un meilleur accord dans trois ou quatre ans», souligne le président de Swissmem, l'association faîtière de l'industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux

Il s'engagera «de toutes ses forces»

Hans Hess entend s'engager «de toutes ses forces» pour la voie bilatérale. Selon lui, l'industrie exportatrice en particulier a besoin urgemment de nouveaux accords d'accès au marché européen. «Sans accord-cadre, la voie bilatérale se fermera lentement et ce prix est clairement trop élevé pour la Suisse.»

Il appelle les syndicats et les fédérations à se concentrer davantage sur la situation dans son ensemble. «L'économie est unie derrière la voie bilatérale», affirme le responsable. L'accord institutionnel permet un accès pratiquement sans discrimination au marché intérieur de l'UE, une sécurité juridique, notamment en ce qui concerne l'équivalence boursière ou les entraves techniques au commerce, ainsi que de négocier d'autres conventions commerciales, par exemple pour le secteur électrique, énumère-t-il.

 

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