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UBS à Zurich. Une partie des employés va être déplacées à Bienne. 
© Keystone

Entreprises

Philippe Monnier: «Les cantons ne chassent pas les entreprises dans les autres cantons»

Ex-directeur général de la promotion économique de Suisse occidentale (GGBa), Philippe Monnier estime que la décision d’UBS de déplacer une partie de ses employés à Bienne s’inscrit dans une tendance générale

Philippe Monnier, ex-directeur général de la promotion économique de Suisse occidentale (GGBa), n’envisage pas une seule seconde que Bienne ait pu convaincre UBS de s’y installer. Mais, une fois que la banque a montré son intérêt, il est possible que la ville ait proposé des aides fiscales. Pour lui, la décision d’UBS est tout à fait logique et témoigne d’une tendance des entreprises à aller vers les périphéries.

Le Temps: Les cantons ou les villes se font-ils de la concurrence?

Philippe Monnier: Non, je suis sûr que Bienne n’est pas allée convaincre UBS de déplacer elle des employés. Il existe un gentleman's agreement dans la promotion économique endogène: on ne chasse pas dans les autres cantons. Ce n’est pas une loi, mais c’est un principe très respecté. Je n’ai d’ailleurs jamais vu un tel cas de figure. C’est UBS qui s’est intéressée à cette ville. Ensuite, il est tout à fait possible que la banque ait demandé une aide, soit pour reloger ses employés, soit une aide fiscale. Mais Bienne n’a pas pris l’initiative de solliciter UBS. Si elle le faisait, ce serait la guerre ouverte dans tout le pays.

Lire aussi: Des centaines d’employés d’UBS quitteront Zurich pour Bienne

On a vu beaucoup d’entreprises migrer vers la périphérie des villes, moins dans d’autres cantons. Est-ce une tendance?

Oui, c’est une tendance. Quand on voit les grands projets qui arrivent de l’étranger, ils s’installent de plus en plus dans les périphéries, notamment dans le canton de Berne. Jusqu’ici, ils s’implantaient plutôt dans les grandes villes. Or c’est cher, il y a moins de place et les distances centre-périphérie en Suisse sont négligeables. En outre, si on prend le cas de Bienne, les employés qu’ils peuvent recruter sur place ne sont certainement pas moins qualifiés qu’à Zurich. Notamment grâce au bilinguisme.

UBS ne délocalise pas ces fonctions hors de Suisse. Pour des questions d’image?

Oui, en partie. Mais pas seulement. Certains emplois ne peuvent de facto pas être facilement déplacés hors du pays, par exemple ceux qui exigent la connaissance du suisse-allemand. En outre, pour UBS, cette décision est assez logique: l’entreprise dépensera moins mais trouvera beaucoup de compétences sur place. En outre, Bienne est bilingue et bien connectée. Quelle est la différence entre être à 10 ou 100 kilomètres de la Paradeplatz? On peut imaginer que, sur les 600 postes concernés, UBS devra peut-être réengager 200 personnes, 200 feront la navette et 200 déménageront.

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